Tunisie: une pause dans les violences mais la grogne sociale ne faiblit pas

Un policier en faction dans une rue de Tebourba, en Tunisie, le 11 janvier 2018.

Un policier en faction dans une rue de Tebourba, en Tunisie, le 11 janvier 2018.

Tunis, AP- Malgré le vote de la loi d’indemnisation des victimes de la rébellion du 17 janvier 2012  et du mouvement insurrectionnel du 22 mars 2012 par l’Assemblée nationale en juillet 2012, les victimes des frappes de l’opération Serval attendent désespérément  d’être indemnisées. C’est le cas du jeune Moctar Cissé, promoteur de l’hôtel Ndouldy à Douentza qui a assisté impuissamment à la destruction des installations de son hôtel exactement le 12 janvier 2013 à minuit par les frappes de l’armée française.

Cinq ans après la rébellion et du mouvement insurrectionnel de mars 2012, les victimes  attendent désespérément leur indemnisation. Et ce malgré l’adoption de la loi No 025 du 12 juillet 2012 portant indemnisation des victimes de la rébellion du 17 janvier 2012 et du mouvement insurrectionnel du 22 mars 2012 et de son décret d’application.

En effet, cette loi stipule en son article 1er qu’il est alloué pour la période du 19 janvier au 1er mai 2012 aux victimes de la rébellion du 22 mars une indemnité en réparation des préjudices subis. Aussi, le décret d’application de cette loi prévoit la mise en place d’une commission d’évaluation de recensement et d’indemnisation qui doit être instituée par le Premier ministre.

“Jusqu’à présent rien ne semble bouger quant à la mise de ladite commission, et on ne sait pas pourquoi “, nous a confié une victime. Au regard de l’ampleur des préjudices subis par certains, il est urgent d’accélérer ce processus pour soulager leur souffrance.

Parmi les victimes, figure un jeune opérateur économique, Moctar cissé, promoteur de l’hôtel N’Douldy à Douentza. ” J’ai construit mon hôtel grâce à un prêt bancaire contracté auprès de la BMS. Aujourd’hui, je suis désespéré et désemparé et même hanté par le sentiment d’être abandonné par mon pays. En plus, le fardeau du remboursement de la banque est trop lourd pour moi “, explique-t-il. Et d’ajouter qu’il est le seul jeune particulier dont les infrastructures ont été bombardées au nord. ” Tous les bâtiments qui avaient été bombardés  à Douentza  ont été reconstruits. Il s’agit des bâtiments de l’académie et du lycée”, déplore-t-il.

Avant la mise en place de la commission d’évaluation, de recensement, et d’indemnisation qui doit être initiée par le Premier ministre, des victimes de l’opération serval comme M. Cissé n’ont que leurs yeux pour pleurer.

Nous y reviendrons…

Oumar B. Sidibé

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