Nucléaire iranien: Trump reste dans l’accord mais lance un ultimatum

Mohammad Javad Zarif, le ministre iranien des Affaires étrangères à Istanbul, le 13 décembre 2017.

Mohammad Javad Zarif, le ministre iranien des Affaires étrangères à Istanbul, le 13 décembre 2017.

AP- Donald Trump a décidé de ne pas changer de politique à l’égard de l’Iran, en tout cas pas dans l’immédiat : pas de retrait, mais de nouvelles menaces. Concrètement, le président américain confirme la suspension des sanctions économiques contre l’Iran, comme le prévoit l’accord, en revanche, il prévient, il s’agira de la dernière suspension et il exige maintenant un « accord » avec les Européens, dans les 4 prochains mois, pour dit-il « remédier aux terribles lacunes » du texte.

« C’est la dernière chance ». Donald Trump a confirmé la suspension des sanctions économiques contre l’Iran levées dans le cadre de cet accord conclu avec Téhéran et les autres grandes puissances (Chine, Russie, France, Allemagne et Royaume-Uni).

Les Etats-Unis restent donc pour l’instant dans l’accord historique de 2015 sur le nucléaire iranien, mais le président américain a lancé ce vendredi un ultimatum aux Européens afin qu’ils l’aident à le durcir dans les prochains mois s’ils veulent éviter un retrait pur et simple de Washington.

Donald Trump veut « remédier aux terribles lacunes » du texte, dont il est un grand pourfendeur alors que tous les autres signataires le défendent mordicus car il est censé empêcher l’Iran de se doter de l’arme atomique.

120 jours de répit

« En l’absence d’un tel accord » avec les Européens, les Etats-Unis réimposeront les sanctions liées au nucléaire iranien, a prévenu le président américain, ce qui signerait la mort immédiate du pacte conclu il y a deux ans et demi à Vienne. « Et si à tout moment j’estime qu’un tel accord n’est pas à notre portée, je me retirerai de l’accord » de 2015 « immédiatement », a-t-il menacé.

Concrètement, cela laisse 120 jours jusqu’à la prochaine échéance de suspension des sanctions, pour trouver une entente avec les Européens et ce, sans inclure dans le processus les Iraniens, pourtant signataires de l’accord de Vienne.

Maintenant on est habitué, tous les trois mois, à se reposer la question de l’avenir de l’accord nucléaire parce que le président américain a cessé de le certifier.
Benjamin Hautecouverturechercheur à la Fondation pour la recherche stratégique

Pour l’Iran, l’accord n’est pas « renégociable »

Le ministre iranien des Affaires étrangères a redit vendredi que l’accord sur le nucléaire conclu en 2015 n’était pas « renégociable ». Le chef de la diplomatie, Mohammad Javad Zarif, a accusé dans un tweet Donald Trump de chercher « désespérément » à saboter l’accord nucléaire. « La politique de Trump et l’annonce faite ce jour représentent des tentatives désespérées de saboter un accord multilatéral solide. L’accord nucléaire n’est pas négociable », a-t-il écrit.

Pour Téhéran, la menace est inacceptable et des responsables iraniens ont affirmé ces dernières semaines qu’ils allaient prendre des mesures de représailles si les Etats-Unis ne respectaient pas leurs engagements – c’est-à-dire la levée des sanctions – dans le cadre de l’accord nucléaire, rappelle notre correspondant à TéhéranSiavosh Ghazi.

Aujourd’hui, le droit d’inspection des installations iraniennes est le plus intrusif qui existe au monde.
Benjamin Hautecouverturechercheur à la Fondation pour la recherche stratégique

Pression sur la question des droits de l’homme

S’il a accepté, à contrecœur, de signer une « dernière » fois la suspension des sanctions économiques, le président américain a aussi choisi de maintenir la pression sur le régime iranien en imposant de nouvelles sanctions ciblées contre 14 personnes ou entités iraniennes notamment pour des « violations des droits de l’homme ».

C’est le chef de l’Autorité judiciaire, Sadegh Amoli Larijani, qui est visé en premier lieu. Selon un autre haut responsable de l’administration Trump, sa présence sur la liste des personnes sanctionnées « aura des conséquences politiques sérieuses » car cela revient à frapper « le sommet du régime », mais les Etats-Unis assument ce « message fort ».

La prison de Rajaee Shahr, où « sont emprisonnés de nombreux Iraniens qui ont récemment protesté contre leur gouvernement », dans une vague de manifestations qui ont fait 21 morts, est aussi visée par les nouvelles sanctions.

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