JO d’hiver de Pyeongchang 2018: la lutte antidopage en première ligne

Environ 2 500 contrôles antidopage doivent être menés pendant la période de compétition à Pyeongchang.

Environ 2 500 contrôles antidopage doivent être menés pendant la période de compétition à Pyeongchang.

AP- Secouée par le scandale de corruption à la Fédération internationale d’athlétisme, sur fond d’athlètes russes dopés, la lutte antidopage joue gros aux JO d’hiver 2018. Si les soupçons se dirigent souvent vers les épreuves d’endurance (biathlon et le ski de fond), aucune discipline ne serait totalement épargnée.

Pour les sports tels que le ski de fond et le biathlon, l’Agence mondiale antidopage (AMA) préconise de mener des contrôles plus poussés sur l’EPO, détectable depuis l’an 2000, une substance qui favorise l’endurance par une augmentation des globules rouges. Des globules rouges qui permettent d’améliorer la circulation de l’oxygène jusqu’aux muscles. Depuis 1996, la prise d’EPO s’est largement généralisée principalement dans les sports de fond.

L’EPO en microdose

Selon une enquête de plusieurs médias internationaux, dont la chaîne allemande ARD et le journal britannique Sunday Times, plus de 50 skieurs de fond inscrits aux JO de Pyeongchang ont présenté durant leur carrière au moins une fois entre 2001 et 2010 des données sanguines suspectes, laissant supposer l’usage des autotransfusions ou d’EPO, l’hormone qui demeure un grand classique pour améliorer l’endurance. Pour mémoire, à Salt Lake City (Etats-UNis) en 2002, des skieuses avaient perdu leurs médailles après des cas positifs à l’Aranesp, une nouvelle EPO à l’époque.

« Il y a une évolution dans le processus de prise de l’EPO dans les disciplines de fond, explique à RFI Xavier Bigard, conseiller scientifique à l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD). Aujourd’hui, on l’utilise en microdose. Les paramètres anormaux hématologiques sont moins importants. Du coup cela devient plus difficile à détecter. Comme les quantités sont faibles, la fenêtre de détection est très courte ».

La plupart du temps, la limite de détection des méthodes actuelles d’analyses de l’échantillon est atteinte. Et pour compliquer la lutte, il est aujourd’hui bien établi que le dopage se fait de plus en plus hors des périodes de compétition, pour améliorer l’entraînement, la récupération, et arriver ainsi « propre » le jour J.

Selon Xavier Bigard, l’EPO est aujourd’hui couplé avec d’autres substances qui vont par ailleurs permettre d’améliorer l’agressivité de l’athlète et maintenir une masse musculaire, comme l’hormone de croissance ou les corticoïdes. « Plus on augmente l’endurance, plus on diminue la masse musculaire », précise-t-il. « Dans toutes les disciplines des JO d’hiver, on retrouve toujours les stéroïdes anabolisants avec des pourcentages différents », avance Xavier Bigard.

2 500 contrôles à Pyeongchang

Dans les chiffres de l’Agence mondiale antidopage, la palme du plus grand nombre de violations des règles antidopages revient au hockey sur glace, touché par 18 cas en 2015, contre 21 en 2014, avec un taux de stimulants plus élevé dans les contrôles anormaux. En ce qui concerne les sports de vitesse, les athlètes qui se dopent sont adeptes de produits qui éliminent la masse grasse.

Le Comité international olympique promet un programme de contrôle antidopage rigoureux pendant les Jeux olympiques d’hiver de 2018. Mais lors des mois précédents la compétition, un grand nombre d’analyses ont eu lieu. Les échantillons de Pyeongchang, eux, parleront peut-être dans plus longtemps. Quelques 16 000 contrôles ont en effet été menés dans ce cadre de tests pré-JO, depuis le 1er avril dernier.

Environ 2 500 contrôles (dont environ 500 tests sanguins) doivent être menés pendant la période de compétition à Pyeongchang. Le programme vise les meilleurs de chaque discipline et prévoit des contrôles inopinés. Ensuite, les échantillons seront conservés à l’avenir par le CIO, avec un délai de réanalyse possible pendant dix ans, pour permettre de nouvelles détections grâce aux avancées de la science.

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