Liberia: le suspect d’un massacre commis durant la guerre civile retrouvé

Des Libériens fuient Paynesville, en banlieue de Monrovia, le 10 août 1990, lors de combats entre partisans de Samuel Doe et de Charles Taylor.

Des Libériens fuient Paynesville, en banlieue de Monrovia, le 10 août 1990, lors de combats entre partisans de Samuel Doe et de Charles Taylor.

AP- Le Centre pour la justice et la responsabilité (CJA), une organisation internationale, a identifié un ancien colonel des forces armées du Liberia, 28 ans après les faits. Son nom, Moses Thomas, un proche de l’ancien président Samuel Doe. L’homme, qui vit aujourd’hui aux Etats-Unis, est accusé d’être l’un des auteurs du massacre de l’église luthérienne de Saint-Pierre de Monrovia, l’une des tueries les plus importantes de la guerre civile libérienne, qui avait causé la mort en juillet 1990 de plus de 600 personnes. Le 12 février, une plainte a été déposée contre lui pour crime contre l’Humanité, et il doit prochainement être auditionné par un juge américain.

Le 29 juillet 1990, en pleine guerre civile, environ 2000 hommes, femmes et enfants, se réfugient dans l’église luthérienne Saint-Pierre de Monrovia. Ces personnes sont en grande majorité des Mano et des Gio, deux ethnies perçues par le gouvernement comme des soutiens de Charles Taylor. « Beaucoup de personnes de ces ethnies Mano et Gio ont estimé que l’Eglise serait un sanctuaire », témoigne Hassan Bility, président de l’Association Global Justice and Research Project, qui traque au Liberia les criminels de guerre.

« Ce jour-là, les soldats ont pénétré dans l’enceinte de l’église. Ils se sont mis à tirer et à tuer environ 600 personnes. Sur la base de nos preuves et de ce que nous ont dit les témoins, nous sommes convaincus que Monsieur Thomas est celui qui a conduit les troupes dans l’enceinte et qu’il est complice de ce massacre », ajoute-t-il.

Au nom de quatre rescapés, une plainte pour meurtres, tortures, crimes de guerre et crimes contre l’humanité a été déposée lundi contre cet ancien colonel des Forces armées du Liberia. L’homme, qui vit aujourd’hui aux Etats-Unis, sera prochainement entendu par un juge. S’il était reconnu coupable, il devrait toutefois éviter la case prison. Mais selon Hassan Bility, le but de la démarche est surtout de faire entendre la voix des victimes.

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