Maroc : A défaut de clé en tête, on te met une bombe dans la culotte

  • Maroc :
    A défaut de clé en tête, on te met une bombe dans la culotte !

A.Sadki
AP Rabat

En trois années, trois journalistes du quotidien arabophone « Akhbar Alyoum » sont interpellés pour motifs ayant lien avec le sex , Taoufik Bouachrine, fondateur du quotidien, condamné en 2019 à 15 ans de prison en appel pour « violences sexuelles », quelques mois après , Hajar Raissouni , reporter au même quotidien condamnée à un an de prison pour « avortement et relations sexuelles hors mariage » , graciée de suite après par le Roi, c’est au tour du rédacteur en chef de ce même journal, Soulaimane Raissouni, qui se voit arrêté, mis en prison par la justice marocaine pour des motifs similaires.
Le rédacteur en chef du plus influent quotidien du Maroc, connu pour son ton critique envers le pouvoir, dont les éditos politiques sont très lus, très commentés est accusé subitement de « viol et de séquestration » .Cette odieuse affaire semble être un complot bien orchestré, soigneusement élaboré et pensé, en inventant l’argument, une aubaine pour briser l’élan des journalistes libres et audacieux au nom de la loi.
Un jour, un site d’informations, réputé être proche des centre de décisions avait fait écho d’un post sur Facebook, d’un inconnu prétendant avoir été violé en 2018 par un défenseur des droits de l’homme, un journaliste connu. Comme si ce post a été prévu pour permettre une plate forme justifiée d’où attaques et intimidations se sont fait relayés , pire encore, le rédacteur en chef mis en cause fut lynché médiatiquement , par les mêmes sites, qui semblent être transformés en procureur du Roi pour déterminer les chefs d’inculpations et en juges pour apporter les jugements en public avant celui du tribunal , sa vie familiale pourrait être détruite à cause de fausses rumeurs inventées de toute pièce pour le diaboliser devant l’opinion publique et casser tout élan de solidarité qui peut naitre autour des droits violés du journalistes , il aurait pu recevoir une convocation comme tout citoyen marocain , il aurait pu être poursuivi en liberté provisoire puisqu’il présente toutes les garanties de répondre aux convocations du tribunal. .

Qu’un citoyen marocain saisisse la justice, est tout à fait légitime, c’est un droit acquis, qu’un journaliste soit poursuivi en justice pour répondre des accusations dont il peut faire objet est une obligation civique et constitutionnelle, mais la manière dont cette affaire a été introduite en scène, véhiculée massivement par certains sites, dont ‘l’un a été jusqu’à décrire le scénario d’arrestation à quelques détails prêts bien avant le 22 Mai, jour de l’arrestation effective de Soulaimane Raissouni devant chez lui à Casablanca et comme par hasard le même site était là , sur place, pour retransmettre en image cette arrestation , et porter atteinte volontairement à l’image du journaliste et le montrer comme un vulgaire criminel arrêté de cette spectaculaire et humiliante façon .
Ce qui confirme l’hypothèse du complot aussi, la manière dont ce dossier a été abordé, pour la première fois , un procureur du Roi au Maroc ouvre une enquête judiciaire à partir d’un post inconnu sur un compte portant un faux nom sur le net, qui parle vaguement d’un supposé viol dont il , a fait objet , arrivé en 2018, pourtant, chaque jour, des centaines de plaintes et de dénonciations de corruption ou de malversations dans la gestion du quotidien public sont émises , en texte ou en vidéo, par le passé proche même , une journaliste stagiaire dans une chaine de télévision a déclaré dans une vidéo qui a fait le tour du monde avoir été manipulée et violée par le directeur de la chaine et avait même publié des conversations avec lui qui prouvaient ce dont elle l’accusait, personne ne l’a écoutée, aucune instruction n’a été ordonnée, personne ne s’est soucié des droits d’une citoyenne, lisible, à visage découvert , et preuves à l’appui du viol dont elle a été victime.
Constater comment un post peut être inventé pour en faire toute une stratégie à objectifs dissimulés, il faut être dépourvu de conscience et d’humanisme tout court pour l’oser.

L’objectif inavoué de cette dramatique mise en scène de réduire au silence la voix gênante de Soulaimane Raissouni se dévoile chaque jour et devient de plus en plus réalité et conviction, cela commence à produire des effets contraires en confirmant la répercussion et que derrière l’embastillement et les ennuis judiciaires du rédacteur en chef mis en cause, une volonté de musellement de voix dissidentes, un pas que les défenseurs des droits de l’homme au Maroc comme à l’étranger ont vite fait de franchir et une mobilisation s’accroit chaque jour , au Maroc comme à l’étranger
Journalistes, intellectuels, penseurs, artistes et citoyens, à titre individuelle ou associatif , soucieux de défendre la liberté de la presse et d’opinion, tiennent à soutenir les droits du journaliste Soulaimane Raissouni , à lui exprimer leur soutien face à ce qu’il a toujours dénoncé : la condamnation et l’incarcération arbitraire d’activistes et de journalistes pour leur prise de position en faveur de la justice sociale et pour le respect des droits humains.
On y verra plus clair, au-delà du 11 Juin, jour de la première rencontre entre le journaliste et le juge d’instruction chargé de cette affaire, les avocats de la défense ont introduit une demande de mise en liberté provisoire, si elle est accordée, elle sera alors considéré comme un signe que ce jugement sera au moins équitable

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