Maria Ressa sur RFI: «Mon procès sera un test pour la liberté de la presse» aux Philippines

La journaliste Maria Ressa au Bureau national d’investigation de Manille, aux Philippines, le 13 février 2019. REUTERS/Eloisa Lopez

AP- Le verdict du procès de la journaliste Maria Ressa sera rendu lundi 15 juin aux Philippines. Accusée de « cyber-diffamation », la fondatrice du journal indépendant Rappler, connue pour des articles très critiques envers le président Rodrigo Duterte, risque dix années de prison.

« Mon procès sera un test pour la liberté de la presse et il aura un impact sur les Philippins », raconte à RFI la journaliste Maria Ressa à la veille du verdict de son procès, qui sera rendu le 15 juin. Son procès pour diffamation fait suite à une plainte déposée en 2012 par un homme d’affaires, après un article de Rappler portant sur ses liens supposés avec un magistrat de la Cour suprême de l’archipel.

Les autorités affirment ne pas avoir pris pour cible la journaliste en raison de son travail et avoir simplement fait appliquer la loi. De leur côté, les organisations de défense de la liberté de la presse assurent que la journaliste fait l’objet de représailles de la part du président Rodrigo Duterte et de son administration, en raison de la manière, très indépendante, dont elle travaille.

« C’est une attaque généralisée de la liberté de la presse »

Ce sont notamment les enquêtes sur la guerre contre la drogue du président Rodrigo Duterte, qui a fait des milliers de morts ces dernières années, dont de nombreuses exécutions extrajudiciaires, qui lui ont valu beaucoup de menaces. Ces dernières ont débuté en 2016, en ligne, à l’encontre d’elle et de son journal puis « un an après, les mêmes attaques sont venues de la bouche même du président Duterte, pendant son deuxième discours à la nation », explique-t-elle.

Pour Maria Ressa, son procès est la dernière étape d’une longue série d’attaques contre son journal qui n’ont qu’un seul but : « Vous taper dessus jusqu’à ce que vous vous taisiez. » « C’est une attaque généralisée de la liberté de la presse : les groupes d’information en général sont visés, et on leur dit de se taire », dénonce celle qui en 2018 a été élue « personnalité de l’année » par le magazine Time, avec plusieurs autres journalistes.

Ces dernières semaines, plusieurs organisations de défense des droits de l’homme se sont inquiétées de la manière dont le gouvernement a intensifié sa politique visant à faire taire les détracteurs. « Tout le monde essaie de faire son métier de journaliste, mais c’est différent si votre média appartient à une entreprise qui a d’autres intérêts financiers. Le plus grand groupe de télévision du pays vient d’être fermé, le 5 mai. C’est sans précédent… », regrette-t-elle.

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