Coronavirus: le patronat italien critique le manque de vision du gouvernement Conte

Depuis samedi, le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte, tient des «—états généraux—» destinés à définir comment utiliser les 750 milliards du plan de relance proposé par l’UE. Tiziana FABI / AFP

AP- Invité aux « états généraux » du gouvernement (coalition Parti démocrate- Mouvement 5 étoiles) pour le redémarrage de l’économie italienne, le patron des patrons, Carlo Bonomi, a critiqué les projets en chantier pour utiliser les 172 milliards d’euros du plan de relance européen qui pourraient revenir à l’Italie, durement frappée par le Covid-19.

Giuseppe Conte est à l’écoute de représentants du monde économique, syndical et culturel depuis cinq jours. Une série de rencontres s’est tenue dans une prestigieuse villa romaine boudées par l’opposition. Mercredi, c’était le tour du président de la Confindustria, le Medef italien. Et ça pas été une partie de plaisir.

Le patron des patrons, Carlo Bonomi, estime en effet que le gouvernement manque de vision politique et mise trop sur les mesures d’assistanat. Par exemple, en prolongeant d’un mois le chômage partiel, qui concerne près de 9 millions d’Italiens depuis 14 semaines, et en interdisant les licenciements jusqu’à la fin août. Ces mesures ne permettent pas aux entreprises, dont beaucoup ont anticipé elles-mêmes les allocations de chômage, de se restructurer, a-t-il souligné. Or, 51% des entrepreneurs vont manquer de liquidités en 2020 et 38% craignent de ne pas survivre au choc économique provoqué par la pandémie de coronavirus.

En outre, Carlo Bonomi déplore la bureaucratie paralysante. Ainsi, pour obtenir un prêt garanti par l’État, une entreprise doit présenter un plan d’activité sur 16 ans – la durée du prêt – ce qui est infaisable, affirme-t-il, car il est impossible de prévoir dans quelle situation épidémiologique l’Italie se trouvera l’automne et l’hiver prochain.

Une « nouvelle démocratie de négociations » pour faire baisser l’intervention de l’État

Le président de la Confindustria propose ce qu’il appelle une « nouvelle démocratie de négociations », construite sur une grande alliance public-privé pour alléger le poids de l’État dans la gestion de l’économie et rendre les investissements plus efficaces. Selon les estimations du patronat, l’Italie va perdre 10% de sa richesse en 2020 et la dette publique pourrait grimper à 160% du PIB.

Il faut donc des interventions structurelles à long terme pour réduire le coût du travail. Mais aussi une utilisation rapide des ressources provenant de l’Union européenne. Un message qui semble avoir été entendu par le chef du gouvernement, lequel a assuré qu’il considère les entreprises comme « un des piliers de la société italienne ».

Giuseppe Conte doit participer ce vendredi au Conseil européen par visio-conférence. Il a promis mercredi soir de présenter son plan final de relance devant le Parlement la semaine prochaine. Une manière de montrer que l’Italie est prête à appuyer sur l’accélérateur. Et il va demander de nouveau un appui solidaire de l’Union européenne. En espérant que l’Autriche, les Pays-Bas, le Danemark et la Suède, adoucissent leur position, très réticente, face au fond de relance de 750 milliards d’euros proposé par la Commission européenne.

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