Visite de Josep Borrell: la Turquie pointe ses sujets de discorde avec l’UE

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell (g) et le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu, à Ankara, le 6 juillet. REUTERS

AP- Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell était à Ankara ce lundi pour des entretiens consacrés à l’état de la relation avec la Turquie, dans un contexte de fortes tensions entre Paris et Ankara. Il a notamment rencontré le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu, qui n’a pas caché les rancoeurs et les frustrations turques vis-à-vis de l’Europe à l’issue de la rencontre.

Josep Borrell était venu « discuter des problèmes » entre la Turquie et l’Union européenne. À l’évidence, la discussion a été houleuse. Pendant la conférence de presse, les deux hommes se sont répondus, interrompus. Le ton est monté côté turc.

Mevlüt Cavusoglu a fait le tour des sujets de discorde: la candidature de la Turquie à l’UE au point mort, le pacte migratoire pour lequel Ankara estime que Bruxelles n’a pas rempli sa part du contrat, ou encore les forages gaziers turcs au large de Chypre, que l’Europe considère comme illégaux. À ce sujet, de nouvelles sanctions contre Ankara pourraient être votées le 13 juillet, lors d’une réunion des ministres européens des Affaires étrangères.

Mevlüt Cavusoglu les a mis en garde: « Sanctionner la Turquie ne résoudra aucun problème, cela ne fera que les approfondir. Si l’Union européenne annonce d’autres sanctions, nous serons obligés d’y riposter. Que se passera-t-il alors ? Les tensions vont s’accroître. »

Cette réunion se tiendra à la demande de la France, avec laquelle les relations ne cessent de se dégrader sur fond de désaccord en Libye, où Ankara soutien le gouvernement d’union nationale.

Sans surprise, le ministre turc a donc eu des mots très durs contre Paris, l’accusant de soutenir le maréchal Khalifa Haftar: « C’est un putschiste et je le dis ouvertement, la France lui fournit des armes et lui offre tout son soutien. Mais comme il perd du terrain, elle est de plus en plus agressive et essaye d’en faire payer le prix à la Turquie. »

Sur la question migratoire enfin, le ministre turc a expliqué que son pays continuerait à « ne plus retenir » les réfugiés, si l’Europe ne tenait pas ses promesses.

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