Entre coronavirus et crise économique, la dure vie des réfugiés syriens de Beyrouth

Un homme en train de fouiller dans une poubelle dans les rues de Beyrouth. (Illustration) REUTERS/Mohamed Azakir/

AP- Alors que le coronavirus semble revenir en force au Liban, le pays continue de sombrer dans la crise économique. Entre la dévaluation de la livre libanaise et l’inflation, la classe moyenne libanaise a été la plus visiblement touchées. Mais les plus pauvres, comme les réfugiés syriens, qui peinaient déjà à gagner leur pain, tentent de survivre au quotidien à Beyrouth.

Assis sur une boîte de métal, Mahmud frotte consciencieusement la chaussure en cuir noir que lui présente un client debout devant lui. « Je travaille pour ma famille, pas pour moi. Je me prive beaucoup pour garder l’argent pour eux », confie le jeune homme.

Mahmud est arrivé de Syrie à l’âge de 12 ans. Il a passé ces sept dernières années à cirer les chaussures des passants pour envoyer de l’argent à sa famille restée au pays. Mais aujourd’hui entre la crise économique et le Covid, ce n’est plus possible. « Les frontières sont fermées. Il n’y a plus de chauffeur. Nous, ici, on met tout en commun entre cousins pour se nourrir. Mais sincèrement, on n’achète plus de fruits. On mange surtout du riz pour se remplir. »

Un de ses cousins s’approche. Il porte aussi un nécessaire de cirage pendu à son épaule. « La vie a beaucoup changé, dit-il. Beaucoup de magasins ont fermé. Il y a moins de passants qu’avant dans cette rue. Face à la situation économique, certains Syriens sont rentrés chez eux sans qu’on le leur demande. Si jamais nous aussi nous sommes poussés à rentrer, nous le ferons. Il n’y a pas de problème. »

Le jeune homme assure qu’en Syrie aussi il se débrouillera, qu’il ne faut pas avoir peur de la crise. Selon lui, tout dépend de la volonté de chacun de vivre sa vie malgré les obstacles.

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