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La communauté ivoirienne de Tunisie en deuil après le naufrage d’une embarcation de migrants

© REUTERS/Hani Amara Un canot pneumatique chargé de migrants secourus par des gardes-côtes libyens en Méditerranée, le 15 janvier 2018.

Tunis, AP- Au péril de leur vie, des milliers de migrants tentent encore régulièrement la traversée de la Méditerranée au départ de l’Afrique. Au large de la Tunisie, les gardes côtes ont intercepté 40 bateaux depuis une semaine. Et dimanche, un drame a coûté la vie à 21 personnes originaires d’Afrique subsaharienne. Leur embarcation a coulé alors qu’elles tentaient de rejoindre l’Italie. Parmi les victimes, de nombreux Ivoiriens, dont une mère et son bébé.

Au coeur de Najmatar, en banlieue de Tunis, de nombreux Ivoiriens sont choqués par ce naufrage. Derrière une poussette, Marie-Ange est triste mais pourtant elle comprend : « J’ai les larmes aux yeux, je ne sais pas quoi dire mais franchement c’est parce que le pays est difficile à vivre. Le racisme, le boulot, on vit mal. On nous dit qu’en Europe, il y a des aides, qu’on peut aider nos bébés. Voilà. Pourquoi les mamans elles prennent leurs bébés pour aller en Europe, pour pouvoir s’en sortir. »

Une image faussée de l’Europe et l’incapacité de la Côte d’Ivoire à garder ses ressortissants. Voilà ce qui met en colère Jean-Marc Bourrou : « C’est nos dirigeants, c’est eux qui le font. Parce que si on est mieux chez nous, je ne pense pas qu’on puisse prendre ce risque. Ce ne sont pas des touristes, ce sont des migrants économiques, ils y vont pour l’argent, c’est tout. On nous fait miroiter des choses, on se dit qu’il suffit d’aller en Europe pour que ça change et c’est à cela qu’on croit. »

Depuis janvier, 9000 personnes ont été interceptées en mer, un quart originaire d’Afrique subsaharienne. Un phénomène inquiétant mais pas surprenant selon Franck Lé : « Le problème c’est pas de voir les gens partir et mourir. Le problème c’est comment faire pour que ces personnes puissent rester et travailler sans qu’il y ait de problèmes. Le Noir, le Subsaharien n’a pas le droit de travailler ici. Mais si je sens que je n’ai pas le droit de travailler, que je suis venu et que j’ai le dos au mur, je fais comment ? Qu’on me dit qu’il y a une possibilité d’aller la-bas, je m’en vais, je vais essayer, c’est à mes risques et périls. »

Le chômage, passé de 15 à plus de 20% avant cette année, frappe de plein fouet l’économie informelle dont vivent de nombreux subsahariens.

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