Le ministre de l’Intérieur tunisien, Lotfi Brahem, limogé

Le ministre de l’Intérieur tunisien Lofto Brahem, ici le 6 novembre 2017, a été limogé.

Tunis, AP- La décision a été annoncée par un communiqué laconique, sans explication, à la suite d’une rencontre entre le Premier ministre et le président de la République Béji Caïd Essebsi. C’est le ministre de la Justice, Ghazi Jribi, qui devient ministre de l’Intérieur par intérim. Cette décision intervient quelques jours à peine après le naufrage d’un bateau de migrants le week-end dernier au large des îles Kerkennah, qui a fait au moins 71 morts.

Le limogeage du ministre de l’Intérieur intervient en pleine polémique autour du naufrage de Kerkennah. Des voix s’élèvent en effet pour dénoncer la corruption des forces de sécurité, qui se rendraient complices des passeurs en fermant les yeux en échange de pots-de-vin.

D’ailleurs, quelques heures avant d’être démis de ses fonctions, Lotfi Brahem avait lui-même remercié dix cadres sécuritaires des districts de Kerkennah et Sfax, dans une tentative d’apaiser la situation. Cela ne l’a pas empêché de perdre sa place.
Car, et c’est l’opinion de nombreux observateurs, le drame de Kerkennah n’est peut-être qu’un prétexte pour se débarrasser de Lotfi Brahem. Les relations de ce dernier avec le chef du gouvernement Youssef Chahed étaient tendues : cela faisait plusieurs mois que les deux hommes ne se parlaient plus.

En cause notamment, l’incapacité de Lotfi Brahem à mettre la main sur un de ses prédécesseurs, Najem Gharsalli. Cet ancien ministre de l’Intérieur, soupçonné d’être impliqué dans une affaire de corruption, est en cavale depuis deux mois. Plusieurs médias locaux avaient fait état la semaine dernière d’un ultimatum de 48 heures donné par le Premier ministre à Lotfi Brahem pour arrêter Najem Gharsalli.

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