Pour le Japon, le grand gagnant du sommet de Singapour est Kim Jong-un

Les chaînes de télévision japonaises ont relayé le sommet de Singapour en direct, le 12 juin 2018.

AP- Jusqu’à la dernière minute, après l’annonce de la confirmation du sommet entre le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un et Donald Trump, le Premier ministre japonais Shinzo Abe aura tenté de convaincre le président américain de ne pas baisser la garde face au régime nord-coréen. En vain. Le Japon est vulnérable à des tirs de missiles nord-coréens. Il se retrouve aujourd’hui isolé dans le jeu diplomatique en cours et inquiet pour sa sécurité.

La majorité des Japonais n’a aucune confiance ni en Kim Jong-un ni en Donald Trump. Pour le Japon, la Corée du Nord reste un « danger majeur et imminent ». C’est le pays le plus exposé à des tirs de missiles nord-coréens dotés de charges chimiques ou nucléaires. Le Japon craint que Donald Trump, préoccupé par les élections américaines de mi-mandat en novembre, se contente d’obtenir de la Corée du Nord le retrait de ses missiles balistiques capables, potentiellement, d’atteindre les Etats-Unis, sans exiger des garanties sur les missiles nord-coréens de moyenne portée pointés vers Tokyo et Osaka. Donald Trump a remis en cause, sans consulter Tokyo, sa stratégie de « pression maximale » contre la Corée du Nord que soutenait avec encore plus d’ardeur le Premier ministre japonais, Shinzo Abe.

Le concept « America First » inquiète les Japonais

Un ancien haut diplomate américain Richard Armitage avertit qu’il faut absolument éviter de dissocier la sécurité du Japon de celle des Etats-Unis. C’est depuis longtemps l’objectif de la Chine et de la Corée du Nord. Et nous ne pouvons nous permettre de tomber dans ce terrible piège, dit-il. Le Japon abrite les plus grandes bases américaines en dehors des Etats-Unis. Déjà des voix proches de la droite conservatrice s’élèvent à Tokyo pour que le Japon assure seule sa défense, renonce au traité de sécurité avec l’Amérique et se dote de l’arme atomique. Le Japon redoute que Donald Trump réduise, un jour, la présence des forces américaines en Corée du Sud, ce qui le laisserait en première ligne devant une péninsule coréenne sous forte influence chinoise et nord-coréenne. Ce jour-là, déclare un conseiller spécial de Shinzo Abe, le Japon devrait revoir de fond en comble sa Constitution pacifique et son alliance avec l’Amérique.

Une dénucléarisation fantôme

Les médias japonais laissent déja entendre que le vainqueur de ce sommet, c’est Kim Jong-un. Il ne va rien lâcher sur son arsenal nucléaire et balistique. Il pourra moderniser son pays. La Chine et la Corée du Sud ne soutiendront plus la stratégie américaine d’asphyxie économique. Les menaces américaines de frappes préventives contre Pyongyang ne seront plus aussi crédibles. Et Kim Jong-un pourra, le cas échéant, se livrer à un nouvel essai nucléaire.

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