Explosion sur un tanker grec dans un port d’Arabie saoudite

© TMS Tankers Le pétrolier grec qui bat pavillon maltais a été « attaqué par une source inconnue » alors qu’il s’apprêtait à quitter le port d’Al-Shuqaiq.

AP- Un pétrolier grec de passage dans un port saoudien a été victime d’une explosion. Selon les autorités d’Arabie saoudite, il s’agirait d’une attaque des rebelles houthis, déjà auteurs d’un tir de roquette la veille contre un site pétrolier.

Une explosion a secoué un tanker grec dans le port saoudien d’Al-Shuqaiq dans la nuit de mardi à mercredi, selon les autorités grecques, l’Arabie saoudite dénonçant une attaque lancée par les rebelles yéménites Houthis.

Lundi déjà, les autorités saoudiennes avaient condamné une « attaque terroriste » des Houthis après le tir d’un missile par les rebelles contre un site pétrolier à Jeddah, à l’ouest du royaume, sur la mer Rouge.

TMS Tankers, le propriétaire du pétrolier grec qui bat pavillon maltais, a indiqué que l’Agrari avait été « attaqué par une source inconnue » alors qu’il s’apprêtait à quitter le port d’Al-Shuqaiq, dans le sud de l’Arabie saoudite, mais qu’aucune victime n’était à déplorer.

« L’Agrari a été touché à peu près un mètre au-dessus de sa ligne de flottaison et (l’explosion a provoqué) une brèche », a ajouté TMS Tankers, basé en Grèce. « Il a été confirmé que l’équipage est sain et sauf et que personne n’a été blessé », a-t-il affirmé.

Les gardes-côtes saoudiens sont montés à bord du navire endommagé et une enquête a été lancée par les autorités du royaume, a encore précisé TMS Tankers.

Selon le ministère grec de la Marine marchande, l’explosion a eu lieu à 3 h locales (0 h GMT) et 25 membres d’équipage, dont sept Grecs, se trouvaient à bord.

Le pétrolier Agrari n’avait pas de cargaison lors de l’explosion, selon la même source.

La coalition militaire menée par l’Arabie saoudite, qui intervient au Yémen en guerre contre les rebelles Houthis, a confirmé qu’un tanker avait été légèrement endommagé mercredi dans un port de la mer Rouge, parlant d’un « acte terroriste déjoué ».

« Actes hostiles »

Sans nommer le bateau, elle a affirmé que l’incident s’était produit lorsqu’un bateau rempli d’explosifs lancé par les Houthis avait été intercepté et détruit.

Le tanker grec a été endommagé par des éclats en provenance d’un « bateau piégé », a indiqué la coalition, citée par la chaîne de télévision publique saoudienne Al-Ekhbariya. « Les actes hostiles de la milice houthie menacent […] le commerce mondial », a-t-elle ajouté sans donner plus de détails.

Il n’y avait pas de réactions immédiates des Houthis à ces allégations.

Selon Dryad Global, une société de surveillance des mers basée à Londres, des sources non identifiées au sein de la coalition ont indiqué que l’explosion était le « résultat d’un engin explosif hydrique ».

« Nous rappelons aux navires transitant par la mer Rouge que les conflits régionaux existent, et qu’il y a donc une possibilité que des navires avec le drapeau saoudien et ceux allant dans des ports du sud de l’Arabie saoudite soient exposés » à des dangers, indique Dryad Global dans un rapport.

Les Houthis, soutenus par l’Iran, ont tiré un missile lundi contre un site du géant pétrolier Saudi Aramco à Jeddah, à 600 km de la frontière yéménite, déclenchant l’incendie d’un réservoir de pétrole.

Selon Yahya Sarie, porte-parole militaire des rebelles yéménites, cette attaque a été menée en représailles à « l’agression continue et au siège de la population yéménite » par l’Arabie saoudite, qui dirige une coalition militaire depuis 2015 en soutien au gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale.

Les rebelles, soutenus par l’Iran, multiplient les attaques sur l’Arabie saoudite voisine, principalement dans les provinces du sud situées le long de la frontière avec le Yémen.

Aramco a déjà subi plusieurs attaques, notamment en septembre 2019, qui ont réduit momentanément de moitié la production de pétrole du royaume.

Les Houthis les ont revendiquées mais les États-Unis en ont fait porter la responsabilité à l’Iran, grand rival régional de l’Arabie saoudite. Téhéran a démenti.

La guerre au Yémen a fait des dizaines de milliers de morts, pour la plupart des civils, selon des ONG, et entraîné ce que l’ONU décrit comme étant la pire crise humanitaire dans le monde.

Share Button
afriquepresse

Add your Biographical Info and they will appear here.

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *