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Donald Trump manœuvre dans l’ombre, plus que jamais actif, puissant et avide de revanche

© SAUL LOEB / AFP Donald Trump, même privé de l’éclat des projecteurs, travaille dans l’ombre et conserve toute son influence au sein du parti républicain.

AP- Il n’est plus sous le feu des projecteurs, en tout cas pour l’instant. Mais, dans l’ombre, Donald Trump est là, il agit, il continue d’influencer son parti, de peser sur les Républicains. Et il devrait échapper à l’impeachment au Sénat, début février, où il compte encore de nombreux soutiens. Trump est peut-être parti, mais le « trumpisme » n’est pas mort.

« Nous reviendrons, d’une façon ou d’une autre. » Cette phrase, lancée mercredi 20 janvier par Donald Trump au moment de quitter la Maison-Blanche, n’était pas qu’une promesse en l’air, une énième provocation du président déchu.

Il a bien l’intention de revenir – et pas uniquement au moment de la procédure de destitution que le sénat américain va devoir examiner, le 9 février. Quitter la Floride et sa luxueuse résidence de Mar-a-Lago pour regagner la Maison-Blanche, dans tous les sens du terme.

Ce n’est pas un hasard si Trump – qui songerait à créer un nouveau parti politique – vient d’ouvrir un bureau en Floride, qui sera chargé de gérer ses missions d’ancien président des États-Unis et de chercher à faire avancer le programme politique de son administration.

« Le bureau sera responsable de gérer les communiqués publics, les apparitions et les activités officielles du président Trump pour faire avancer les intérêts des États-Unis et mener le programme de l’administration Trump via la promotion et l’activisme public »​, est-il écrit dans un communiqué.

Cette annonce est intervenue lundi 25 janvier, le jour même où la Chambre des représentants a formellement transmis au Sénat l’acte d’accusation contre Donald Trump, qui va être jugé pour « incitation à l’insurrection » ​dans le cadre d’une seconde procédure de destitution à son encontre.

Jugé… et condamné ? Non. Très peu de chances – ou de risques – que cela arrive.

Avertissements et menace

Car, depuis sa résidence en Floride, Donald Trump continue d’exercer une forte influence sur le parti républicain, soutenant ses alliés dans leurs visées électorales tout en tentant d’étouffer, au Sénat, toute volonté de le condamner dans son procès en destitution.

L’une de ses fidèles au Congrès, la nouvelle élue ultra-trumpiste Marjorie Taylor Greene, avait lancé un « avertissement » ​clair à ses collègues, au jour de son départ de la Maison Blanche.

« La vaste majorité des électeurs, bénévoles et donateurs républicains ne sont plus loyaux au parti républicain et à ses candidats juste parce qu’ils ont un « R » à côté de leur nom. Leur loyauté revient désormais à Donald J. Trump »​, a-t-elle tweeté le 20 janvier.

Même privé de son compte Twitter et des projecteurs braqués sur la Maison-Blanche, le milliardaire domine encore l’actualité américaine, avec l’ouverture formelle, lundi soir, de son procès historique en destitution. Et il occupe les esprits des sénateurs républicains qui seront chargés de le juger en février.

Tout le week-end, l’entourage de Donald Trump a bruissé d’avertissements et de menaces, tous convergeant vers un point : le magnat de l’immobilier compte bien maintenir son influence.

Il aurait fait circuler l’idée de créer une nouvelle formation, le « parti patriote »​, selon le Washington Post. Une « menace » ​sur les sénateurs conservateurs, inquiets de voir leurs électeurs le rejoindre dans ce cas.

Mais Trump aurait aussi fait dire qu’il ne comptait pas créer de nouveau parti, pour au contraire imprimer profondément son influence sur le Grand Old Party, selon Politico. Une façon aussi de signaler à ceux qui voudraient le condamner qu’il encouragerait des opposants à se présenter contre eux lors de leurs prochaines primaires.

Le procès au Sénat est « mort-né »

Les cent sénateurs américains ont prêté serment ce mardi pour le procès doublement historique, qui démarrera le 9 février.

Donald Trump, qui est le premier président des États-Unis à tomber deux fois sous le coup d’une procédure d’ « impeachment »​, sera aussi le premier à être jugé après avoir quitté la Maison-Blanche.

Il est accusé d’avoir incité l’assaut meurtrier de certains de ses partisans contre le Capitole, le 6 janvier, lorsque le Congrès votait pour certifier la victoire de Joe Biden à la présidentielle. Une victoire que Trump venait, à nouveau, de nier devant la foule.

Les Démocrates contrôlent désormais le Sénat d’une très infime majorité, et auraient besoin de dix-sept voix républicaines pour condamner l’ex-président. Un nombre qui semble difficile, voire quasi impossible à atteindre, comme l’a admis Joe Biden lui-même lundi soir sur CNN.

Même si les violences ont provoqué un profond malaise, y compris chez les Républicains, très rares sont ceux qui soutiennent le procès.

Mardi, 45 des 50 sénateurs républicains ont même défendu une initiative pour tenter de bloquer la procédure, arguant qu’il est anticonstitutionnel de juger, au Sénat, un ancien président.

Parmi eux, le puissant chef des Républicains Mitch McConnell, qui n’a pourtant pas exclu de condamner, in fine, Donald Trump.

Pour Rand Paul, sénateur républicain du Kentucky, ce résultat signifie que le procès est « mort-né »​. Et si certains ont souligné que ce vote ne préjugeait pas de leur décision finale au terme du procès, il témoigne pour le moins de l’influence encore forte du milliardaire sur son parti.

Le sceau d’approbation de Trump est encore précieux

La rupture est en tout cas prononcée entre McConnell et Trump, deux ex-alliés : le sénateur a déclaré mardi qu’il n’avait pas parlé à l’ex-président depuis qu’il avait reconnu publiquement, à la mi-décembre, la victoire de Joe Biden.

Et alors qu’il avait tout fait, lors du premier procès du 45e président des États-Unis, pour défendre son acquittement, Mitch McConnell laissera cette fois ses rangs voter « en conscience »​.

Rare voix ouvertement critique chez les Républicains du Congrès, le sénateur Mitt Romney défend, lui, la tenue du procès. Cible des partisans de Donald Trump, il a répondu d’un rire lorsqu’un militant lui a prédit qu’il rencontrerait une opposition au moment de la prochaine primaire aux sénatoriales dans son fief de l’Utah.

L’ex-président a néanmoins démontré ce week-end qu’il pouvait encore peser sur les élections, en faisant pencher la balance pour qu’une fervente supportrice, Kelli Ward, reste à la tête du parti républicain dans l’Arizona.

Le sceau d’approbation de Donald Trump est donc encore précieux pour de nombreux candidats. Comme son ancienne porte-parole Sarah Sanders, qui brigue le poste de gouverneure de l’Arkansas en 2022 et affiche fièrement sur Twitter ce qui s’apparente à une profession de foi : « Merci président Trump pour votre soutien. »

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