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AP- L’Afrique « porte la paix et veut rapprocher ces deux pays frères », l’Ukraine et la Russie, a assuré mercredi le président en exercice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), le Bissau-Guinéen Umaro Sissoco Embalo, lors d’une visite en Ukraine.
 
Premier président africain à se rendre à Kiev depuis le début de l’invasion russe en Ukraine le 24 février, M. Embalo a rencontré le président ukrainien Volodymyr Zelensky, au lendemain d’une visite en Russie où il s’est également entretenu avec le président Vladimir Poutine.

« Ce n’est pas juste des engrais, des fertilisants ou de céréales dont l’Afrique a besoin. L’Afrique aussi porte la paix et veut rapprocher ces deux pays frères, qu’on puisse vraiment trouver un chemin pour la paix entre la Russie et l’Ukraine », a dit le président de la Guinée-Bissau, lors d’un point-presse avec M. Zelensky.

 
« J’étais hier avec Poutine, et si lui (le président Zelensky, ndlr.) et le président Poutine pensent que la Guinée-Bissau et l’Afrique peuvent porter la solution pour la paix, nous sommes les premiers militants pour ça », a-t-il répété.
 
« Frère… », a-t-il dit en se tournant vers son homologue ukrainien, « j’ai dit aussi à Poutine, frère, parce qu’un jour ils vont se retrouver, c’est pour cela que nous on est venu porter un message de paix entre nos deux frères. Et on peut faire le pont pour les retrouvailles », a-t-il plaidé.
 
M. Zelensky s’est montré plus sceptique sur l’idée d’un dialogue avec M. Poutine.
 
« En ce qui concerne les signaux de la Russie, que M. le Président de la Guinée-Bissau a transmis, la Russie veut établir le dialogue. Mais pour établir le dialogue entre les États, il est nécessaire que l’un d’entre-eux ne frappe pas l’infrastructure de l’autre », a estimé de son côté le président ukrainien.
 
M. Embalo a par ailleurs assuré qu’il allait « demander » au président russe « de libérer » les plus de 165 navires bloqués près du détroit du Bosphore, alors que l’Ukraine accuse la Russie de retarder délibérément ces navires destinés au transport de céréales en prolongeant les inspections menées conformément à un accord conclu sur ces livraisons cruciales pour de nombreux pays d’Afrique et d’Asie.
 
Réaffirmant que « la Russie était toujours notre partenaire stratégique (de l’Afrique) », M. Embalo a assuré que « l’Ukraine aussi, c’est notre partenaire ».
 
« Il n’y pas d’ambiguïté dans mon propos, cela ne peut pas être interprété », a-t-il insisté, en rappelant le vote de la Guinée-Bissau, le 13 octobre à l’Assemblée générale de l’ONU, pour une résolution condamnant les « annexions illégales » russes de territoires en Ukraine.