À Sfax, plusieurs migrants ont été escortés par la police par crainte d’émeutes

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En Tunisie, plusieurs migrants originaires d’Afrique subsaharienne ont été escortés dans un poste de police de Sfax par crainte d’émeutes.

En Tunisie, plusieurs migrants originaires d’Afrique subsaharienne ont été escortés dans un poste de police de Sfax par crainte d’émeutes.

Cette évacuation subvient après que des jeunes Tunisiens ont appelé à la vengeance lors des funérailles d’un homme poignardé à mort au cours d’une bagarre entre des habitants et les migrants lundi soir.

Plusieurs migrants ont été amenés par la police sur le site de la Foire de Sfax dans l’attente d’être transférés ailleurs, a affirmé Romdane Ben Amor, responsable au Forum des droits économiques et sociaux (FTDES), une ONG qui suit les questions migratoires.

Sur des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, on peut voir des agents de police chassant des dizaines de migrants de leur domicile sous les acclamations d’habitants de la ville, avant de les faire monter dans des voitures de la police.

D’autres montraient des migrants à même le sol, les mains sur la tête, entourés par des habitants munis de bâtons qui attendaient l’arrivée de la police.

Sur la page Facebook du groupe local Sayeb Trottoir dédié à la question de l’immigration clandestine, Lazhar Neji, travaillant dans les urgences d’un hôpital à Sfax, a déploré « une nuit inhumaine (…) sanglante qui fait trembler ».

Selon lui, l’hôpital a accueilli entre 30 et 40 migrants, dont des femmes et des enfants. « Certains ont été jetés de terrasses, d’autres agressés par des sabres », a-t-il affirmé. Selon lui, d’autres migrants ont été conduits vers une zone proche de la frontière libyenne. Il n’était pas en mesure de préciser le nombre total des migrants expulsés de Sfax.

Sfax est le point de départ d’un grand nombre de traversées illégales vers l’Italie.

Ses habitants protestent régulièrement contre la présence de migrants en situation irrégulière dans leur ville et réclament leur départ. Dans les quartiers populaires, tel Rabd, où sont concentrées les populations issues de l’immigration, des violences verbales et physiques éclatent souvent entre les deux parties.   Fin mai, un migrant béninois de 30 ans a été mortellement poignardé lors d’une attaque menée par un groupe de jeunes Tunisiens dans un quartier populaire de la ville côtière.

Les propos du président Kaïs Saied en février dernier, pourfendant l’immigration clandestine et la présentant comme une menace démographique pour la Tunisie, ont encouragé la multiplication des violences.

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