Affaire Khashoggi. Plainte déposée en France contre un général saoudien pour « torture » envers le journaliste

© Archives AFP Le journaliste saoudien Jamal Khashoggi lors d’une conférence de presse à Manama, la capitale de Bahreïn, le 15 décembre 2014.

Ap-L’ONG Gulf Centre for Human Rights (GCHR) accuse Ahmed Al-Assiri, un général saoudien et conseiller personnel du prince héritier d’Arabie saoudite, d’être responsable des « sévices physiques et psychologiques » infligés au journaliste Jamal Khashoggi avant son assassinat en 2018.

L’ONG Gulf Centre for Human Rights (GCHR) a porté plainte vendredi 30 avril pour ” torture “ contre le général saoudien Ahmed Al-Assiri pour sa responsabilité présumée dans les ” sévices physiques et psychologiques “ infligés au journaliste Jamal Khashoggi avant son assassinat en 2018, un avocat annoncé fils.

La plainte pour ” torture “ contre le général Al-Assiri a été déposée vendredi auprès du pôle spécialisé du tribunal judiciaire de Paris, un précisé à l’AFP Me William Bourdon, conseil du GCHR.

« L’organisateur, le planificateur »

Le général Ahmed Al-Assiri, « l’un des conseillers personnels du prince héritier d’Arabie arabie saoudite, Mohammed Ben Salmane, et membre de ses services de protection » est présenté dans cette plainte, consultée par l’AFP, comme « l’organisateur, le planificateur de la mission ayant conduit à la torture puis à l’assassinat du journaliste ».

Contactée, l’ambassade d’Arabie saoudite en France n’a pu être jointe par l’AFP.

Jamal Khashoggi, ancien proche du pouvoir saoudien don’t il est devenu un féroce critique, un été assassiné dans les locaux du consulat de son pays à Istanbul, le 2 octobre 2018, par un commando d’agents venus d’Arabie saoudite. Corps de fils, démembré, n’a jamais été retrouvé.

L’ONG’est appuyée sur les rapports de l’ancienne rapporteure spéciale du Conseil des droits de l’homme de l’ONU Agnès Callamard, du renseignement américain récemment déclassifié et du Groupe de recherches et d’information sur la paix et la sécurité (GRIP).

Compétence universelle de la France en matière de « torture »

La plainte évoque « les sévices physiques et psychologiques infligés » à M. Khashoggi avant son assassinat : « ses bourreaux ont dû lui couvrir la bouche pour ses cris de douleur».

« C’est une obligation forte de la France d’intercepter ceux qui sont suspectés d’avoir commis des faits de torture quand ils passent sur notre territoire »,a réagi Me Bourdon.

La plainte a été déposée sur le fondement de la compétence universelle de la France en matière de ” torture “ – mais pas en matière d’assassinat -, un Me Bourdon précisé.

Le général Al-Assiri « est probablement présent en France ou s’y rend de manière très régulière »,est-il souligné dans la plainte.

« Coutumier du ministère de la Défense »

Francophone et ancien étudiant à la prestigieuse école de Saint-Cyr, qui forme les officiers de l’Armée de terre, « il est coutumier du ministère de la Défense, où il a ses entrées »,est-il ajouté.

Cinq personnes, condamnées à mort en Arabie saoudite pour leur participation à cet assassinat, ont vu leurs peines commuées en vingt ans de prison. Une vingtaine de suspects sont jugés par contumace en Turquie depuis juillet 2020.

En Allemagne, Reporters sans frontières a déposé une plainte début mars pour crimes contre l’humanité visant le prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane pour sa « responsabilité » dans cet assassinat.

L’ONG GCHR, fondée en 2011, soutient les défenseurs des droits humains dans les pays du Golfe et leurs voisins.

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