Afghanistan : les évacuations se poursuivent dans le chaos à l’aéroport de Kaboul

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AP- Six jours après la prise de pouvoir par les Taliban, des milliers de personnes tentent toujours, samedi, de quitter l’Afghanistan par l’intermédiaire du pont aérien mis en place à l’aéroport de Kaboul.

Routes paralysées par la foule, avions cargos pris d’assaut, enfants lancés par leurs parents par-dessus des barbelés… Les scènes de chaos se poursuivent à l’aéroport de Kaboul, six jours après la prise de pouvoir des Taliban, alors que des dizaines de milliers d’Afghans cherchent toujours désespérément à fuir leur pays.
Ce pont aérien est « l’un des plus importants et difficiles de l’Histoire », a reconnu vendredi 20 août, dans sa deuxième allocution télévisée en quelques jours, Joe Biden lors d’un discours à la Maison Blanche.
 
Washington veut évacuer 30 000 personnes
 
« Je ne peux pas promettre ce qu’en sera l’issue finale » ni qu’il n’y aura pas « de risques de pertes » en vies humaines, a déclaré le président, assurant que les alliés de Washington ne remettaient pas en cause la « crédibilité » américaine de mener à bien cette opération.

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Afghanistan : les évacuations se poursuivent dans le chaos à l’aéroport de Kaboul

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Des militaires américains aident une famille à se déplacer dans l’aéroport de Kaboul, en Afghanistan, le 20 août 2021
Six jours après la prise de pouvoir par les Taliban, des milliers de personnes tentent toujours, samedi, de quitter l’Afghanistan par l’intermédiaire du pont aérien mis en place à l’aéroport de Kaboul.

 
Routes paralysées par la foule, avions cargos pris d’assaut, enfants lancés par leurs parents par-dessus des barbelés… Les scènes de chaos se poursuivent à l’aéroport de Kaboul, six jours après la prise de pouvoir des Taliban, alors que des dizaines de milliers d’Afghans cherchent toujours désespérément à fuir leur pays.
 
Ce pont aérien est « l’un des plus importants et difficiles de l’Histoire », a reconnu vendredi 20 août, dans sa deuxième allocution télévisée en quelques jours, Joe Biden lors d’un discours à la Maison Blanche.
 
Washington veut évacuer 30 000 personnes
 
« Je ne peux pas promettre ce qu’en sera l’issue finale » ni qu’il n’y aura pas « de risques de pertes » en vies humaines, a déclaré le président, assurant que les alliés de Washington ne remettaient pas en cause la « crédibilité » américaine de mener à bien cette opération.

 
Le président américain a annoncé que 13 000 personnes avaient été évacuées par l’armée américaine depuis le 14 août. Des milliers d’autres ont embarqué à bord d’avions venus notamment des pays européens et du Royaume-Uni.
 
Les États-Unis, à eux seuls, prévoient de faire partir 30 000 personnes. Les évacués sont en majorité des citoyens américains, que les Taliban laissent passer.

Mais de nombreux Afghans, notamment ceux ayant travaillé pour les États-Unis et détenteurs d’un visa d’immigration spéciale (SIV) pour eux et leurs proches, ne peuvent pas accéder à l’enceinte sécurisée par plus de 5 000 militaires américains.
 
Vendredi, l’armée américaine a dû déployer trois hélicoptères pour aller chercher dans un hôtel de Kaboul 169 Américains n’ayant pu se rendre à l’aéroport. Et ils sont encore très nombreux, coincés entre les postes de contrôle talibans et les barbelés posés par l’armée américaine, dans l’attente désespérée d’un vol.
 
Parmi d’innombrables témoignages poignants, une vidéo postée sur les réseaux sociaux montre des Afghans faisant passer un bébé en pleurs par-dessus la foule à l’aéroport et le donnant à un soldat américain. Selon le Pentagone, il a été soigné puis rendu à ses parents.
 
« Compassion » des soldats américains
 
Face aux critiques et polémiques qui agitent les États-Unis depuis la victoire éclair des Taliban, l’armée américaine a pris en mains sa communication vendredi en publiant un florilège de photographies montrant ses militaires prenant soin de bébés et de jeunes enfants afghans à l’aéroport. Et le porte-parole du Pentagone, John Kirby, de mettre en avant la « compassion » des soldats.

Les évacuations de civils ont été suspendues plusieurs heures vendredi à cause de la saturation des bases américaines dans le Golfe, notamment au Qatar, où se trouvent des milliers de réfugiés.
 
Les États-Unis ont obtenu le feu vert de Berlin pour que certains évacués soient dirigés vers l’Allemagne, où les États-Unis disposent de nombreuses bases militaires, notamment la grande de Ramstein avec son important hôpital militaire.
 
Chasse aux opposants
 
Les Taliban tentent de convaincre qu’ils ne cherchent pas à se venger de leurs anciens ennemis, promettant de « nombreuses différences » par rapport à leur précédent règne, entre 1996 et 2001, quand ils avaient imposé une version ultrarigoriste de la loi islamique empêchant les femmes de travailler ou d’étudier et punissant de sanglants châtiments les voleurs et les meurtriers.
 
Mais selon un rapport d’un groupe d’experts travaillant pour l’ONU, les nouveaux maîtres de l’Afghanistan possèdent des « listes prioritaires » d’Afghans recherchés, les plus menacés étant les gradés de l’armée, de la police et du renseignement.
 
Le rapport indique que les Taliban effectuent des « visites ciblées » chez les personnes recherchées et leurs familles. Leurs points de contrôle filtrent aussi les Afghans dans les grandes villes et ceux souhaitant accéder à l’aéroport de Kaboul.

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