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AP- Le roi d’Eswatini (ex-Swaziland) essaie de tourner la page des manifestations qui ont secoué ce petit pays d’Afrique australe, fin juin. La répression de ce mouvement pro-démocratie a fait plusieurs dizaines de morts. Mais la diaspora, elle, continue à se mobiliser, notamment en Afrique du Sud. Ce vendredi 13 août, une cinquantaine de personnes se sont rassemblées à Pretoria afin de demander aux organes de l’ONU de réagir face aux violations des droits de l’homme dans le pays.

Pancarte en main, Qhawekazi Khumalo avance d’un pas déterminé pour aller remettre sa pétition au bureau local de l’ONU en charge des droits de l’homme. La jeune femme originaire d’Eswatini ne souhaitait pas rester les bras croisés après les manifestations réprimées.

« J’ai beau ne pas être à la maison en ce moment, je sais ce que les gens vivent là-bas, confie-t-elle. Où que nous nous trouvions, nous allons nous battre, à notre manière, pour que leurs voix soient entendues, pour que le monde se rende compte que nous aspirons à la liberté en Eswatini. »

Dans cette dernière monarchie absolue d’Afrique, les parlementaires ne peuvent pas appartenir à un parti politique. Et tous les pouvoirs sont concentrés entre les mains du roi Mswati III, sur le trône depuis 1986.

Pour Nandipha, il est temps que ce système change : « Nous voulons un Premier ministre qui soit élu, et non pas quelqu’un qui est nommé. Un Premier ministre qui aura à cœur d’améliorer la vie du peuple d’Eswatini. Mais si en ce moment je me trouvais au Swaziland, je risquerais ma vie en donnant ainsi mon avis sur le gouvernement et sur les changements auxquels j’aspire. »

À 23 ans, Mxolisi espère que le mouvement pro-démocratie continuera à grossir, et permettra d’obtenir très bientôt des avancées : « Je suis heureux que quelque chose se passe, enfin, car on a été oppressés pendant trop longtemps. Mais je suis triste qu’il faille en arriver là. J’espère rentrer un jour dans un pays libre, c’est pour cela que nous sommes tous rassemblés ici. »

Les manifestants réclament aussi la libération de prisonniers politiques, notamment celle de deux parlementaires qui ont soutenu le mouvement pro-démocratie.

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