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© HANDOUT Aung San Suu Kyi et le président birman Win Myint lors d’une comparution le 24 mai dernier devant un tribunal de Naypyidaw, la capitale birmane. AFP/Myanmar ministry of Information

AP- Au lendemain de la demande formulée par ses voisins de l’ASEAN à la Birmanie de libérer tous les prisonniers politiques retenus depuis le coup d’Etat militaire du 1er février, la junte a répondu par une date : lundi 14 juin s’ouvrira le procès de l’ex-dirigeante birmane Aung San Suu Kyi. Son avocate a confirmé : « Nous aurons les témoignages de la partie requérante et des témoins programmés à partir de lundi 14 juin », a déclaré Min Min Soe à l’AFP, après avoir pu rencontrer la « Dame de Rangoun », assignée à résidence et au secret dans la capitale Naypyidaw depuis plus de quatre mois.

Inculpée à six reprises depuis son arrestation, Aung San Suu Kyi, lauréate du prix Nobel de la paix 1991 pour sa longue lutte contre les précédentes dictatures militaires, fait face à de nombreuses accusations allant de la possession illégale de talkies-walkies à l’incitation à des troubles publics et à la violation d’une loi sur les secrets d’Etat.

Le parti d’Aung San Suu Kyi menacé

La junte n’a pas réussi à imposer son contrôle sur le pays depuis qu’elle a repris le pouvoir à la dirigeante élue et arrêté plus de 4 500 personnes. Au moins 849 personnes ont été tuées, selon un groupe de défense des droits, l’Association d’assistance aux prisonniers politiques – un chiffre que conteste l’armée – lors de manifestations. La protestation est quasi quotidienne depuis le 1er février, et accompagnée d’un mouvement national de désobéissance civile.

Min Min Soe n’a pu rencontrer Suu Kyi, âgée de 75 ans, que deux fois depuis le putsch. « Elle a demandé à tous de rester en bonne santé » ce matin, a rapporté l’avocate. L’ex-dirigeante est apparue en public le 24 mai, pour la première fois depuis son assignation à résidence, lors d’une comparution devant la justice à Naypyidaw et semblait « en bonne santé », selon Min Min Soe.

La junte au pouvoir menace de dissoudre son parti politique, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), qui avait massivement remporté les élections législatives de 2020, alléguant de fraudes au cours de ce scrutin.

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