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AP- Après son discours devant la communauté française, le président français a été reçu par son homologue Paul Biya. Les deux chefs d’État ont eu un entretien en tête-à-tête au palais de l’Unité pendant plus d’une heure. Cette rencontre a aussi été l’occasion de parler un peu de politique intérieure au Cameroun. Interrogé par la presse sur la délicate et quasi-tabou question de la transition, le président camerounais a brouillé les cartes et n’a rien laissé filtrer de ses intentions. Partira, ne partira pas au terme de l’actuel mandat et alors qu’il aura cumulé 43 ans de pouvoir sans discontinuer ? Paul Biya est resté assez évasif.

Dans une salle lumineuse, style années 1970, le président Paul Biya entre à pas lents, mais sa voix est assurée. Après les propos préliminaires des deux chefs d’État, place aux questions. « Monsieur le président Paul Biya, espérez-vous briguer un nouveau mandat en 2025 ou souhaitez-vous qu’une nouvelle génération porte les couleurs de votre parti à la prochaine présidentielle ? »

Paul Biya demande alors à ce que la question lui soit répétée. « Je n’entends pas », dit-il. Après un deuxième essai, c’est finalement Emmanuel Macron debout à sa droite qui s’en fait le relais : « Monsieur le président Biya, est-ce que vous briguez un nouveau mandat en 2025 pour le compte du parti ? »

Alors, avec humour et esprit, Paul Biya répond d’une voix marquée par les années, mais ferme : « Le Cameroun est dirigé conformément à sa Constitution. Selon cette Constitution, le mandat que je mène a une durée de sept ans. Alors, essayez de faire la soustraction et vous saurez combien de temps il me reste à diriger le pays. Mais autrement, quand ce mandat arrivera à expiration, vous serez informé sur le point de savoir si je reste ou si je m’en vais au village. »

Réponse applaudie en salle de presse. Paul Biya, 89 ans, en est à son septième mandat à la tête du Cameroun.

AC