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AP- Au Cameroun, moins de 30% des besoins quotidiens en eau potable sont couverts à Yaoundé, la capitale du pays, première économie d’Afrique centrale. La société nationale de l’eau est sommée de régler rapidement ces problèmes d’approvisionnement. Ce lundi 5 septembre, le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, s’est rendu sur le site de la station qui dessert Yaoundé. Il demande à la société CamWater de relever le niveau de production.

Selon la société nationale Camwater, pour répondre aux besoins des habitants de Yaoundé, il faudrait environ 300 000 mètres cubes d’eau potable par jour. Or, actuellement, la station d’Akomnyada, dans le département du Nyong-et-So’o, n’en produit que 80 000, selon le ministère de l’Eau et de l’Énergie. Une baisse « drastique de sa production » alors que la station produit « normalement au moins 130 000 mètres cubes par jour » peut-on lire dans le communiqué du Ministère.

Infrastructure « mal réalisée »

Le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba a mené une visite de travail lundi 5 septembre à la station de production d’eau potable d’Akomnyada, pour « déceler les causes réelles du déficit observé et trouver des pistes de solutions ». En cause, une infrastructure « mal réalisée » et « mal conçue » selon Camwater

La société liste de multiples dysfonctionnements et estime que la station a besoin d’être réhabilitée. Pourtant, la station construite il y a 37 ans, en 1985, a déjà été rénovée deux fois. Yaoundé est aussi alimentée par une autre station, celle sur la rivière de la Méfou, en banlieue ouest, mais ses capacités de traitement de l’eau sont faibles.

Il y a également un grand projet (le Paepys) sur le fleuve Sanaga, au nord de la capitale. Un chantier exécuté par une entreprise chinoise et annoncé comme étant dans sa dernière ligne droite après une livraison plusieurs fois reportée. En attendant, au quotidien, de nombreux habitants de Yaoundé vivent avec des robinets régulièrement à sec.

Ardoise

Ceux qui en ont les moyens font faire des forages sur leur terrain. L’association de consommateurs Mission Clarité s’inquiète des commerces parallèles d’une eau parfois impropre à la consommation. Par ailleurs, la Camwater rappelle attendre toujours 50 milliards de francs CFA d’impayés. Une ardoise en partie réclamée (plus de 10 milliards) à l’État camerounais pour la consommation en eau des administrations publiques.