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AP- Quand par un heureux hasard, Chantal remarque une bosse dans son sein gauche, le cancer ne lui avait même pas traversé l’esprit… Fanny, son amie, ne pensait pas non plus que cela lui arriverait à l’âge de 24 ans.

J’avais toujours pensé que le cancer du sein ne pouvait pas me toucher et que je commencerais probablement à m’intéresser au sujet quand j’atteindrais la cinquantaine. Ce jour-là, j’avais pris un jour de congé, j’avais du temps libre. Allongée dans le canapé, après m’avoir palpé par inadvertance la poitrine, je me découvre une bosse au sein gauche. Je suis immédiatement allée faire une consultation chez un docteur généraliste afin de vérifier cette bosse. Le docteur est resté très silencieux avant de m’avouer que j’avais un cancer du sein. Je n’en revenais pas. Comment était-ce possible d’avoir un cancer du sein à seulement 26 ans ? Je n’y croyais pas. Même lorsque le généraliste m’a orienté vers une clinique du sein. J’étais toujours sûre et certaine qu’il ne pouvait s’agir d’un cancer du sein. J’étais dans un déni total mais j’y pensais tout le temps. C’est alors que ma sœur insista pour que je fasse une échographie. Et c’est là que j’ai commencé à comprendre que quelque chose n’allait pas. Le médecin était, lui aussi, devenu très silencieux.

Le début de mes souffrances…

Une semaine plus tard, il m’annonça le verdict : j’avais définitivement un cancer du sein. Celui-ci s’était rapidement propagé à mes ganglions lymphatiques. On m’annonce, par la suite, que je devrais subir une chimiothérapie, une radiothérapie et une intervention chirurgicale.

J’avais vu ma vie virer au cauchemar. Il y a eu des moments où je ne pouvais ni manger, ni dormir. Je restais très souvent éveillée 20 heures par jour, allongée sans bouger dans mon lit. J’étais si mal en point ! Ma peau était très abîmée, mes cheveux tombaient, mes sourcils et mes cils.

Après une opération et une radiothérapie, j’avais finalement reçu de bonnes nouvelles : il ne restait plus de cellules cancéreuses.

Mon amie Fanny, elle aussi victime du cancer du sein.

Quant à mon amie Fanny, elle s’est sentie incroyablement engourdie après avoir reçu son diagnostic. Les médecins l’avaient d’abord renvoyée chez elle en lui disant que c’était une grosseur “hormonale”. Ce n’est que 18 mois plus tard, lorsqu’elle découvre un autre symptôme, qu’elle y retourne pour un nouveau contrôle. Mais, après de nombreux examens et scanners, Fanny apprend qu’elle est atteinte d’un cancer du sein de stade 4 et d’une tumeur au cerveau. On lui avait donné que deux ans à vivre. Elle constituait à elle toute seule une preuve vivante que cela peut arriver à tout le monde, à tout âge.

Fanny refusait d’accepter le fait que quelqu’un lui dise qu’elle n’avait plus que deux ans à passer sur Terre. Elle suivit une “chimiothérapie agressive” et le cancer de Fanny est actuellement en rémission ;

Aujourd’hui, elle a 25 ans, elle est entraîneur personnel et affirme n’avoir jamais été aussi en forme de toute sa vie.

Le pire mythe sur le cancer du sein.

Finalement, je suis si heureuse d’avoir eu ce jour de congé. L’histoire aurait été complètement différente à ce stade. Je suis toujours une hormonothérapie.

Toutefois, je tenais à passer ce message : ‘Ne pensez pas que cela ne peut pas vous arriver. Loin de moi, l’idée d’être pessimiste, mais c’est juste une prise de conscience’. Mon souhait est de sensibiliser davantage de personnes de la communauté noire à l’importance de vérifier la présence de grosseurs dans les seins. Je pense qu’il y a beaucoup de stigmatisation autour de la maladie. Nous ne voulons pas parler des maladies, mais il est important de le faire.

Pour info, la chimio est gratuite pour le cancer du sein et du col de l’utérus au Sénégal ;

Et quand je vois ces publicités sur le cancer, je ne vois pas de noirs, je n’entends pas de gens qui parlent du cancer. J’avais presque l’impression que cela ne nous arrivait pas.

Fanny, elle partage son histoire en ligne, afin de faire savoir que les jeunes femmes peuvent être atteintes du cancer du sein. Elle a été très ouverte sur mon parcours sur les médias sociaux, elle a documenté tout ce qu’elle a traversé.

Nous avons toujours eu l’impression qu’il s’agissait d’un problème de femmes âgées. Avant cette année, nous nous sommes dit que nous n’avions pas besoin de nous en préoccuper avant d’être plus âgées.

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