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Cinq jours après avoir renversé Ali Bongo, le général gabonais

Brice Oligui Nguema a prêté serment ce lundi, comme président d’une « transition » dont il n’a pas fixé la durée. Il a promis d’installer des « institutions plus démocratiques » avant des « élections libres ». Des militaires putschistes avaient annoncé le 30 août la « fin du régime » d’Ali Bongo Ondimba, qui dirigeait le Gabon depuis 14 ans, moins d’une heure après la proclamation de sa réélection, estimant qu’elle avait été truquée. Le lendemain, ils avaient proclamé le général Oligui, 48 ans, président d’un Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI). Vers « des élections libres » « Je jure devant Dieu et le peuple gabonais de préserver en toute fidélité le régime républicain », « de préserver les acquis de la démocratie », a déclaré devant des juges de la Cour constitutionnelle le général de brigade en costume d’apparat rouge de la Garde républicaine (GR). Le général a également promis ce lundi des « élections libres » et « transparentes » à l’issue de la période de transition et s’est engagé à amnistier les « prisonniers d’opinion ». « J’instruis le futur gouvernement » qui sera nommé « à réfléchir sur les mécanismes visant à amnistier les prisonniers d’opinion » et « faciliter le retour de tous les exilés », a-t-il déclaré dans son discours d’investiture. La famille Bongo dirigeait sans partage depuis plus de 55 ans ce petit État d’Afrique centrale, parmi les plus riches du continent grâce à son pétrole. Sa richesse était toutefois accaparée par une élite accusée de « corruption » « massive » et de « mauvaise gouvernance ».

Depuis sa prise de pouvoir, le général Oligui a enchaîné, à un rythme effréné, des heures de discussions très médiatisées avec l’ensemble des « forces vives de la Nation » : les clergés, les chefs d’entreprise, les syndicats, la société civile, les ONG, les diplomates, les journalistes… Il a consciencieusement pris des notes et répondu longuement aux interrogations et doléances.

Lutte contre la corruption, redistribution des richesses… Le nouvel homme fort de Libreville martèle qu’il a fait de la lutte contre la corruption et la mauvaise gouvernance son principal cheval de bataille avec le « redressement de l’économie » et la redistribution des revenus et richesses du pays aux populations. L’Union africaine, l’Union européenne, l’ONU et une grande partie des capitales occidentales ont condamné le coup d’État. Les institutions ont toutefois insisté sur une « différence » avec les putschs dans d’autres pays du continent parce qu’il a été précédé, selon elles, d’une élection manifestement frauduleuse. « Un coup d’État institutionnel », a même souligné le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell. De son côté, le général Oligui s’est dit « étonné » de cette condamnation par les « institutions internationales ».