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Le coup d’Etat intervenu au Gabon le 30 août dernier semble donc consommé. Lundi 4 septembre, le général Brice Oligui Nguema a prêté serment en tant que président de la transition, sous le regard bienveillant de l’Union africaine, de la CEEAC quasi inaudible et de la France, prompte à s’immiscer dans les affaires des anciennes colonies. Et jusqu’ici, Ali Bongo, le président déchu est en résidence surveillée.

C’est à se demander pourquoi Paris n’envisage pas d’intervenir militairement au Gabon pour remettre Bongo fils sur le fauteuil présidentiel comme il l’avait fait en 1964 avec Léon Mba, ancien président gabonais victime de coup d’Etat.

La France avait alors envoyé des troupes venues, les uns de Brazzaville, les autres de Dakar, pour chasser les putschistes. Sur cette opération comme dans bien d’autres cas, Paris invoque les accords de défense de 1960 pour justifier ses interventions en Afrique subsaharienne.

Avec ce nouveau putsch du général Nguéma, pas question d’intervenir, ni de pousser la CEEAC à intervenir. La France s’est même contentée d’une condamnation du bout des lèvres. Et il suffit  de voir la bienveillance des analyses sur les plateaux de télévisions françaises pour comprendre que Paris a lâché Bongo qui avait choisi le Commonwealth au détriment de la francophonie.

En guise d’explication de cette attitude de l’Elysée, France 24 prétend que la France est dans un rôle ‘’d’observateur’’, conformément à « la nouvelle ligne politique de Paris vis-à-vis de ses anciennes colonies africaines ». Un chercheur du Cnrs ajoute : « On assiste à un changement d’ère. (…) Aujourd’hui, Paris s’en tient à condamner les coups d’État, comme elle a pu le faire au Niger, prenant soin de ne pas s’immiscer dans les affaires internes du pays ». Une belle gymnastique oratoire !

Mais de quand date ce changement d’ère dont on nous parle ? Quelle est donc cette France qui s’est contentée de condamner le coup d’Etat militaire au Niger, sans s’immiscer dans les affaires internes du pays ? Contrairement au ton conciliant avec le Gabon, la France a été la première à vouer aux gémonies le général Abdourahmane Tiani qui a pris le pouvoir à Niamey. Paris n’a attendu ni la réaction de la Cédéao, encore moins celle de l’Union africaine.

Par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Catherine Colonna, l’ancien colonisateur a qualifié le putsch au Niger de ‘’coup d’État de trop’’. La France ajoutera qu’elle soutiendra toutes les initiatives de la Cédéao. En vérité, depuis le coup d’État, la France ne cesse de pousser pour une intervention militaire. On est loin de 1964, mais le contexte reste presque le même. Ce sont les acteurs et les pays qui changent, mais pas la réalité.

Aujourd’hui, l’intervention devrait avoir lieu non pas au Gabon d’Ali Bongo, mais au Niger de Mohamed Bazoum, aussi coopérant que Léon Mba l’a été aux premières heures de l’indépendance. Ainsi, ce ne sera pas officiellement les troupes françaises à la peau blanche et de nationalité française qui interviendront à Niamey, mais bien les troupes françaises à la peau noire et de nationalité africaine.

A la lumière des cas et des traitements différenciés (Tchad par exemple), on se demande ce que l’on condamne réellement : les coups d’État militaires ou les remises en cause des intérêts de l’Hexagone ? A Paris comme à Bruxelles, on trouve des circonstances atténuantes au général Oligui Nguéma et ses hommes. Ils ont opéré un coup d’État militaire à la suite d’un ‘’coup d’État institutionnel’’, déclare Le chef de la diplomatie de l’UE Josep Borrell.

En d’autres termes, il est désormais possible d’opposer un coup de force militaire à un coup de force institutionnel voire électoral. Mais que resterait-il en Afrique si tous les présidents ayant opéré des coups d’État électoraux devaient sauter ?

Au Sénégal,  Macky Sall a utilisé la justice pour emprisonner Khalifa Sall et exiler Karim Wade afin de rempiler pour un second mandat en 2019, sans compter le piège du parrainage et les manquements sur le fichier électoral. En 2024, bis repetita avec Ousmane Sonko.

En Côte d’Ivoire, le score soviétique de 94,27% des voix obtenu par Alassane Ouattara à la présidentielle de 2020 est trop flagrant pour masquer le hold-up électoral. Ouattara a photocopié à l’identique la stratégie de Macky en écartant ses deux principaux opposants que sont Laurent Gbagbo et Guillaume Soro.

Est-ce à dire que des coups d’État sont les bienvenus dans ces deux pays ? Si cela se produisait, les prétendus démocrates qui envoient un sourire au général Nguéma condamneraient avec la dernière énergie. Et ce sont ces genres de contradictions et d’atermoiements qui ont fini de légitimer les coups d’Etat en Afrique.

Ainsi, bien ou mal élu, aucun président n’est à l’abri, surtout lorsque le coup peut venir de la garde présidentielle (Gabon et Guinée). Inutile donc de renforcer sa sécurité comme l’a fait Embalo, car le ver est déjà dans le fruit.

Le coup d’Etat intervenu au Gabon le 30 août dernier semble donc consommé. Lundi 4 septembre, le général Brice Oligui Nguema a prêté serment en tant que président de la transition, sous le regard bienveillant de l’Union africaine, de la CEEAC quasi inaudible et de la France, prompte à s’immiscer dans les affaires des anciennes colonies. Et jusqu’ici, Ali Bongo, le président déchu est en résidence surveillée.

C’est à se demander pourquoi Paris n’envisage pas d’intervenir militairement au Gabon pour remettre Bongo fils sur le fauteuil présidentiel comme il l’avait fait en 1964 avec Léon Mba, ancien président gabonais victime de coup d’Etat.

La France avait alors envoyé des troupes venues, les uns de Brazzaville, les autres de Dakar, pour chasser les putschistes. Sur cette opération comme dans bien d’autres cas, Paris invoque les accords de défense de 1960 pour justifier ses interventions en Afrique subsaharienne.

Avec ce nouveau putsch du général Nguéma, pas question d’intervenir, ni de pousser la CEEAC à intervenir. La France s’est même contentée d’une condamnation du bout des lèvres. Et il suffit  de voir la bienveillance des analyses sur les plateaux de télévisions françaises pour comprendre que Paris a lâché Bongo qui avait choisi le Commonwealth au détriment de la francophonie.

En guise d’explication de cette attitude de l’Elysée, France 24 prétend que la France est dans un rôle ‘’d’observateur’’, conformément à « la nouvelle ligne politique de Paris vis-à-vis de ses anciennes colonies africaines ». Un chercheur du Cnrs ajoute : « On assiste à un changement d’ère. (…) Aujourd’hui, Paris s’en tient à condamner les coups d’État, comme elle a pu le faire au Niger, prenant soin de ne pas s’immiscer dans les affaires internes du pays ». Une belle gymnastique oratoire !

Mais de quand date ce changement d’ère dont on nous parle ? Quelle est donc cette France qui s’est contentée de condamner le coup d’Etat militaire au Niger, sans s’immiscer dans les affaires internes du pays ? Contrairement au ton conciliant avec le Gabon, la France a été la première à vouer aux gémonies le général Abdourahmane Tiani qui a pris le pouvoir à Niamey. Paris n’a attendu ni la réaction de la Cédéao, encore moins celle de l’Union africaine.

Par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Catherine Colonna, l’ancien colonisateur a qualifié le putsch au Niger de ‘’coup d’État de trop’’. La France ajoutera qu’elle soutiendra toutes les initiatives de la Cédéao. En vérité, depuis le coup d’État, la France ne cesse de pousser pour une intervention militaire. On est loin de 1964, mais le contexte reste presque le même. Ce sont les acteurs et les pays qui changent, mais pas la réalité.

Aujourd’hui, l’intervention devrait avoir lieu non pas au Gabon d’Ali Bongo, mais au Niger de Mohamed Bazoum, aussi coopérant que Léon Mba l’a été aux premières heures de l’indépendance. Ainsi, ce ne sera pas officiellement les troupes françaises à la peau blanche et de nationalité française qui interviendront à Niamey, mais bien les troupes françaises à la peau noire et de nationalité africaine.

A la lumière des cas et des traitements différenciés (Tchad par exemple), on se demande ce que l’on condamne réellement : les coups d’État militaires ou les remises en cause des intérêts de l’Hexagone ? A Paris comme à Bruxelles, on trouve des circonstances atténuantes au général Oligui Nguéma et ses hommes. Ils ont opéré un coup d’État militaire à la suite d’un ‘’coup d’État institutionnel’’, déclare Le chef de la diplomatie de l’UE Josep Borrell.

En d’autres termes, il est désormais possible d’opposer un coup de force militaire à un coup de force institutionnel voire électoral. Mais que resterait-il en Afrique si tous les présidents ayant opéré des coups d’État électoraux devaient sauter ?

Au Sénégal,  Macky Sall a utilisé la justice pour emprisonner Khalifa Sall et exiler Karim Wade afin de rempiler pour un second mandat en 2019, sans compter le piège du parrainage et les manquements sur le fichier électoral. En 2024, bis repetita avec Ousmane Sonko.

En Côte d’Ivoire, le score soviétique de 94,27% des voix obtenu par Alassane Ouattara à la présidentielle de 2020 est trop flagrant pour masquer le hold-up électoral. Ouattara a photocopié à l’identique la stratégie de Macky en écartant ses deux principaux opposants que sont Laurent Gbagbo et Guillaume Soro.

Est-ce à dire que des coups d’État sont les bienvenus dans ces deux pays ? Si cela se produisait, les prétendus démocrates qui envoient un sourire au général Nguéma condamneraient avec la dernière énergie. Et ce sont ces genres de contradictions et d’atermoiements qui ont fini de légitimer les coups d’Etat en Afrique.

Ainsi, bien ou mal élu, aucun président n’est à l’abri, surtout lorsque le coup peut venir de la garde présidentielle (Gabon et Guinée). Inutile donc de renforcer sa sécurité comme l’a fait Embalo, car le ver est déjà dans le fruit.