October 18, 2021
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AP- Alors que le Maroc franchit, ce jeudi, la barre de 12 000 contaminations quotidiennes au nouveau coronavirus et plus de 72 décès, les partis politiques semblent déterminés à mener à bien leurs campagnes électorales, dernier sprint les séparant des élections de septembre. Nombre d’entre eux pensent même que la situation épidémiologique du pays n’est pas…si alarmante.

Au Maroc, la propagation du nouveau coronavirus et ses variants s’accélère au rythme de la campagne pour les élections législatives et communales, prévues en septembre, soit dans quelques semaines. Alors que le royaume enregistre plus de 10 000 cas de contaminations journalières, le gouvernement a décidé, cette semaine, de serrer la vis, en instaurant de nouvelles mesures restrictives. Des mesures qui ne semblent pas s’appliquer aux partis politiques. En effet, si les images de rassemblements irritent sur les réseaux sociaux et leurs auteurs qualifiés d’insoucieux, celles de meetings politiques, avec des masques mal portés ou les accolades entre camarades en pleine pandémie, sont en passe de devenir monnaie courante.

Interrogés sur l’impact de cette campagne électorale alors que la pandémie continue de sévir, une bonne partie des chefs de partis politiques ont été injoignables ces mercredi et jeudi. Yabiladi a ainsi tenté, en vain, de joindre les secrétaires généraux du Parti de l’authenticité et de la modernité (PAM), de l’Istiqlal, de l’Union constitutionnelle, de Parti socialiste unifié (PSU), du Mouvement populaire (MP) et des responsables du RNI.

En revanche, ceux ayant répondu donnent déjà un aperçu sur leur préoccupation ces derniers jours. «C’est un non sujet», tranche, mercredi soir, Mohamed Nabil Benabdallah, secrétaire général du Parti du progrès et du socialisme (PPS). «Si on suspend la campagne électorale, nous reporterons les élections», réagit-il. «C’est un non sujet et je n’y pense même pas», nous répond-il encore, en assurant être «en pleine campagne».

Voter tout en veillant au respect des mesures sanitaires, l’équation difficile

Slimane El Amrani, vice-secrétaire général du PJD, confirme toutefois que sa formation politique reste «consciente» des actuels enjeux. «La pandémie est un paramètre important qui aura certainement un impact sur la façon de conduire les campagnes électorales et la gestion des votes», indique-t-il, en rappelant que «notre pays a pris une décision (d’organiser les élections, ndlr) malgré cette pandémie qui continue de s’imposer à nous». «Il faut donc que nous nous adaptons à cette situation», estime-t-il.

«Jusqu’à aujourd’hui, il ne me semble pas qu’il y ait une autre option que de tenir les élections. Il est certain que la situation épidémiologique est inquiétante, compte tenu du nombre important des contaminations et de décès. Toutefois, je pense que la situation n’est pas encore critique au point de pousser notre pays à choisir une autre voie.»

Slimane El Amrani

Le numéro 2 du Parti de la Lampe estime que la situation «est encore contrôlable, avec les mesures restrictives édictées, qui pourront donner quelques bons résultats avant les rendez-vous électoraux». «Il est nécessaire que les citoyennes et citoyens et les responsables affrontent tous cette pandémie avec responsabilité, de façon à limiter sa propagation, tout assurant de meilleures conditions pour les élections, en encourageant d’une part la participation politique et en préservant la santé publique, d’autre part, ce qui reste essentiel et primordial», conclut-il.

Hanane Rihab, députée et membre du bureau politique de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), estime toutefois que «le déroulement des campagnes électorales contribuera à aggraver la situation épidémiologique». «Les partis doivent concevoir de nouvelles formes de campagnes électorales. Malheureusement, ils continuent d’adopter des mécanismes traditionnels», regrette-t-elle.

Suspendre la campagne ou reporter les élections n’est pas «envisageable»

Pour la membre du bureau politique du Parti de la Rose, «la plus grande preuve en est que nous sommes maintenant à l’approche de campagnes électorales des Chambres professionnelles et il y a encore des rassemblements électoraux et des réunions pour annoncer des candidats». «Ce sont de très mauvais modèles qu’on présente aux Marocains qui ne leur donnent pas confiance dans les décisions des institutions», estime-t-elle.

«Il est inacceptable que le gouvernement prenne la décision d’interdire les rassemblements dans les salles de fêtes, et qu’en même temps, ces espaces abritent des rassemblements électoraux. Il est inacceptable aussi que les sièges de certains partis continuent d’accueillir des nombres dépassant 100 personnes lors de ces événements.»

Hanane Rihab

Pour l’élue parlementaire, un report des élections reste toutefois «une décision souveraine». «Elle dépend du ministère de la Santé, car si le département met en garde contre la détérioration de la situation épidémiologique, je pense que le Maroc prendra la décision appropriée en la matière», explique-t-elle. Et Hanane Rihab d’enchaîner : «Tout est entre les mains du ministère de la Santé, mais les partis politiques doivent être soucieux de respecter les mesures préventives et donner l’exemple aux Marocains».

Des sources partisanes bien informées, ayant requis l’anonymat, ont également assuré que «ni la suspension de la campagne ni le report des élections ne sont envisageables». Tout comme Slimane El Amrani, elles avancent que la situation épidémiologique est «alarmante mais encore sous le contrôle».

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