August 4, 2021
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AP- Amandine rêvait de ses premières vacances en amoureux. « On voulait que ce soit parfait. Nous voulions partir tout d’abord en Égypte, mais avec le Covid c’était vraiment compliqué alors nous avons décidé de nous retourner vers la Tunisie, dans un très bel hôtel que nous avions trouvé pour partir ce 24 juillet », explique la jeune femme de 22 ans domiciliée à Caen (Calvados). Depuis plusieurs jours, elle préparait sa valise, des paysages plein la tête. « On a pris un gros coup au moral quand on a entendu qu’on ne pouvait plus y aller en vacances alors que nous nous étions vaccinés en avance. C’est assez brutal. »

La perspective de passer des congés sous le soleil tunisien s’est effondrée il y a deux jours pour des milliers de touristes comme Amandine, alors que le pays vient d’être classé « rouge » par les autorités françaises, interdisant tout déplacement sauf motif impérieux. « Nous déconseillons bien sûr d’y aller dans les jours et semaines qui viennent, confirme Jean-Pierre Mas, président des Entreprises du voyage, syndicat professionnel qui regroupe l’ensemble des acteurs du voyage. Pour les séjours déjà réservés, ils pourront être remboursés s’ils ont été achetés auprès d’une agence de voyages. »

Des réservations à l’arrêt

« Les réservations sont à l’arrêt complet, se désole René-Marc Chikli, président du Seto, le syndicat des tour-opérateurs, alors que les prises de commandes ont été bonnes en mai et juin pour ses vacances d’été. » Sur les près de 16 000 touristes français ayant réservé pour l’été (contre 150 000 pour la saison estivale de 2019) dans un hôtel-club dans les stations balnéaires de Djerba, Hammamet ou encore Monastir, plusieurs milliers entament déjà des démarches pour reporter, partir dans une autre destination de l’Europe du sud ou, parfois, annuler leur séjour. « Il leur est d’abord proposé de reporter leur départ pour une date ultérieure ou de changer de destination mais, s’ils le souhaitent, ils peuvent demander un remboursement », poursuit René-Marc Chikli.

La situation, sur place, est en effet catastrophique. Avant de s’envoler pour Tunis, le 7 juillet, Nora avait en tête que la situation se détériorait dans le pays. « Mais pas à ce point ! » s’exclame cette conceptrice-rédactrice binationale de 30 ans, rentrée ce jeudi à Paris après avoir profité de ses parents retraités vivant entre la France et la Tunisie. « Le pays vit ce que l’Italie a vécu en février 2020 » , estime la jeune femme, qui a vu « une ville de Tunis à l’arrêt », soumis à un couvre-feu le soir, et total le week-end, et où même l’Auchan a tiré le rideau.

La situation au Maroc voisin est bien différente. Classé orange, le royaume a gardé ses frontières complètement étanches au tourisme du mois de mars 2020 jusqu’à la mi-juin 2021 pour contrôler l’épidémie de coronavirus. Il reste possible d’y séjourner mais les conditions d’entrée se sont soudainement rigidifiées cette semaine, imposant une quarantaine de dix jours aux personnes non vaccinées.

Une quarantaine à domicile

Pas de quoi pour autant jouer avec les nerfs de celles et ceux ayant réservé sur place. « La réouverture du Maroc au tourisme, le 15 juin dernier, a été clairement assortie de l’obligation d’être vacciné, explique Folco Aloisi, directeur des achats chez Promovacances-Fram. Cela a été bien compris et les clients ayant réservé ont pris leur disposition dans ce sens. Du coup, nous n’avons aucune annulation pour nos deux clubs de vacances situés à Agadir et à Marrakech. »

Attention toutefois : même avec les deux doses, il faudra présenter en plus du certificat un test PCR négatif réalisé moins de 48 heures avant l’embarquement. Le flou qui persistait pour le sort des ressortissants marocains domiciliés en France, et non vaccinés, vient lui d’être levé : la quarantaine ne sera que de cinq jours, à domicile, avec un test PCR à réaliser lors du dernier jour d’isolement.

En Algérie, que visitent surtout l’été les 6 millions de Français originaires du pays, les séjours sont devenus quasi-impossibles. Les conditions d’entrée ont beau avoir été allégées début juin, elles sont tellement restrictives (test PCR de moins de 36 heures mais aussi et surtout cinq jours de quarantaine aux frais des voyageurs dans un hôtel) que la plupart des candidats rechignent à y passer ne serait-ce que quelques jours cet été. D’autant que les rares avions qui s’y rendent sont à des prix très élevés.

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