Crise d’eau à Marrakech : L’attitude des autorités dénoncée

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L’eau, un élément vital essentiel à la survie de toute forme de vie, connaît une préoccupation croissante au Maroc en raison de sa rareté de plus en plus préoccupante. Malgré la diversité géographique du pays, des défis majeurs liés à la disponibilité limitée de l’eau se présentent, accentués par des facteurs tels que le changement climatique, la sécheresse fréquente et une gestion complexe des ressources hydriques.

L’Association marocaine des droits de l’homme, antenne de Menara à Marrakech, a déploré la rareté de l’eau potable dans la Cité ocre, la qualifiant de résultat d’une gestion inefficace et de l’absence d’une politique prospective de l’eau, négligeant ainsi les avertissements et les études existants. Elle a souligné le caractère inutile de la fermeture des bains publics trois jours par semaine.

Dans un communiqué, l’association a affirmé que les autorités locales à Marrakech ont tenté de dissimuler l’échec manifeste de la gestion par l’Etat de la crise de l’eau, provoquée par ses orientations et politiques. Elle a critiqué la décision de fermer les bains publics tout en permettant le fonctionnement normal des bains « turcs » et des bains de massage « spa« , bien qu’ils utilisent de l’eau potable fournie par la Régie autonome de distribution d’eau et d’électricité de Marrakech (RADEEMA).

Depuis 2007, a rappelé l’association, l’Agence du bassin hydraulique, les experts et la plupart des études ont alerté sur la nécessité de trouver des solutions à la crise de l’eau à Marrakech. Mais, a-t-elle estimé, les autorités ont maintenu les politiques publiques persistantes qui favorisent l’exploitation excessive de l’eau par de grands agriculteurs, des propriétaires de villas et des piscines privées, en contradiction avec la « stratégie nationale de l’eau » prévue jusqu’en 2030.

Malgré les avertissements et les signes de pénurie d’eau, rien n’a été fait, a insisté l’association qui a dénoncé les tentatives de faire porter aux habitants la responsabilité de l’échec des politiques publiques en matière d’eau, les privant ainsi de leur droit à l’eau. Elle a, à cet égard, insisté sur l’obligation de fournir de l’eau potable et d’hygiène à toute la population, conformément aux normes d’abondance et de qualité, garantissant ainsi le droit à la santé et à l’alimentation.

L’association a, en outre, plaidé en faveur d’une approche inclusive capable de surveiller rigoureusement le gaspillage, le détournement et le vol d’eau. Elle a demandé l’arrêt immédiat des puits informels, la fin du sabotage des lits de rivières tels que Tensift et Nfiss, et l’accélération de la mise en œuvre des projets de dessalement de l’eau qui auraient dû être concrétisés depuis des années.

Elle a également exigé l’arrêt immédiat de l’exploitation des eaux usées dans la région de Tamansourt et sur l’ensemble du territoire des communes de Harbil et de l’oasis de Sidi Brahim pour l’irrigation des produits agricoles tels que les légumes, les fruits et les arbres fruitiers.

L’Association a, de même, appelé à accélérer la construction d’une station de traitement des eaux usées liquides, comme elle a insisté sur la nécessité de divulguer les sources d’eau d’irrigation des terrains de golf, le remplissage des piscines privées, et celles présentes dans les complexes touristiques, qu’elles soient situées en zones urbaines ou dans des régions qui consomment des quantités astronomiques d’eau.

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