Etats-Unis: Biden veut investir 2.000 milliards dans les infrastructures et “voir grand”

© Jim WATSON Le président américain Joe Biden répond à des questions après la première conférence de presse de son mandat, le 25 mars 2021 à Washington

AP- Le président américain Joe Biden proposera mercredi d’investir quelque 2.000 milliards de dollars dans les infrastructures, avec l’objectif affiché de créer des millions d’emplois et de relever le défi de la compétitivité face à la Chine.

La première phase de son programme « Build Back Better » (« Reconstruire mieux »), qu’il présentera lors d’un discours à Pittsburgh, en Pennsylvanie, détaillera ces investissements étalés sur huit ans.

Elle prévoit en particulier d’injecter 620 milliards de dollars dans les transports, permis de modernisation plus de 32.000 kilomètres de routes et autoroutes à travers les Etats-Unis.

Le locataire de la Maison Blanche, que Donald Trump a pour habitude de caricaturer en « Sleepy Joe » (Joe l’endormi), sans idées ni lignes directrices fortes, entend faire de ce dossier l’un des marqueurs de son mandat.

Une autoroute à San Francisco en Californie. Photo prise le 27 novembre 2019© JUSTIN SULLIVAN Une autoroute à San Francisco en Californie. Photo prise le 27 novembre 2019

Joe Biden « pense que son rôle est d’offrir une perspective audacieuse sur la façon don’t nous pouvons investir pour notre pays, pour nos communautés, pour nos travailleurs », a souligné Jen Psaki, sa porte-parole.

Ces investissements gigantesques seraient en particulier financés par une hausse de l’impôt sur les sociétés, qui passerait de 21% à 28%.

Selon la Maison Blanche, ce taux resterait, après cette hausse, au plus bas depuis la Seconde Guerre mondiale, à l’exception des années écoulées depuis la réforme fiscale de Donald Trump votée en 2017.

Cette nouvelle offensive législative intervient peu après l’adoption par le Congrès d’un plan de relance centré sur la pandémie de Covid-19, lui aussi chiffré à près de 2.000 milliards de dollars.

Seule certitude : le discours de Pittsburgh ne sera que le point de départ d’une âpre bataille au Congrès, à l’émission très incertaine.

Pete Buttigieg, le secrétaire américain aux Transports, durant une audition au Sénat à Washington, le 21 janvier 2021© POOL Pete Buttigieg, le secrétaire américain aux Transports, durant une audition au Sénat à Washington, le 21 janvier 2021

La majorité démocrate y est en effet étroite et les tractations s’annoncent redoutables.

 

Les mois à venir mettront à l’épreuve les qualités de négociateur du président démocrate, fin connaisseur des rouages de Washington et “vieux lion” de la politique, selon l’expression de Barack Obama.

– “L’urgence d’agir” –

“Le président veut montrer clairement qu’il a un plan et qu’il est ouvert à la discussion”, a souligné un haut responsable de la Maison Blanche.

“Mais il ne fera pas de compromis sur l’urgence d’agir” et la nécessité d’être ambitieux pour “ré-imaginer” une “nouvelle économie américaine”, a-t-il ajouté.

Le plan prévoit d’amplifier “la révolution des véhicules électriques” avec, par exemple, le passage à l’électricité pour 20% des célèbres bus jaunes de ramassage scolaire.

Il vise aussi à rendre les nouvelles infrastructures plus résistantes aux évolutions liées au changement climatique.

Restaurer ou construire des routes, ponts, voies ferrées, ports et aéroports? L’idée est bien sûr parlante pour le grand public, d’autant que nombre d’infrastructures aux Etats-Unis datent des années 1950 et que leur délabrement ne fait pas débat.

Le président américain Joe Biden et la vice-présidente Kamala Harris arrivent à la base militaire de Dobbins à Marietta, dans l'Etat de Géorgie, le 19 mars 2021© Eric BARADAT Le président américain Joe Biden et la vice-présidente Kamala Harris arrivent à la base militaire de Dobbins à Marietta, dans l’Etat de Géorgie, le 19 mars 2021

Mais au-delà de la célèbre ritournelle « C’est un sujet sur lequel démocrates et républicains peuvent s’entendre », dégager un consensus politique n’est pas une mince affaire.

Les deux prédécesseurs de Joe Biden, Donald Trump et Barack Obama, ont eux aussi, slogans à l’appui, fait de grandes promesses sur ce thème. Elles sont restées lettre morte.

Une question revient en boucle: commentaire les financer?

L’ancien rival de Joe Biden dans les primaires démocrates et désormais ministre des Transports, Pete Buttigieg, qui sera en première ligne sur ce dossier, assure que tout sera différent cette fois-ci, que les astres sont alignés.

« Je pense que nous avons une occasion extraordinaire d’avoir le soutien des deux partis pour voir grand et faire preuve d’audace sur les infrastructures », martèle le jeune ministre.

« Les Américains n’ont pas besoin qu’on leur explique que nous devons agir sur les infrastructures, et la réalité est que vous ne pouvez la dimension climatique » de ce défi. Si l’enthousiasme et le capital politique de Pete Buttigieg sont réels, la tâche s’annonce ardue.

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