États-Unis: condamnation annulée pour le soldat Bergdahl, ex-captif des talibans

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Le renvoi de l’armée américaine de Bowe Bergdahl, ex-captif des talibans pendant cinq ans en Afghanistan après avoir déserté son poste, a été annulé mardi 25 juillet par un juge, dernier rebondissement d’une affaire controversée.

Un juge fédéral de Washington a estimé, dans une décision judiciaire consultée par l’AFP, que le jugement militaire de novembre 2017 est entaché d’un conflit d’intérêt et donc invalide.

Le soldat américain Bowe Bergdahl avait été capturé par les talibans après avoir quitté seul, subrepticement, sa base près de la frontière pakistanaise le 30 juin 2009. Il avait été retenu en captivité pendant cinq ans avant qu’il ne soit libéré lors d’un échange de prisonniers.

L’affaire avait accentué les divisions sur la guerre en Afghanistan, les uns considérant Bergdahl comme une victime d’un conflit interminable, tandis que les autres ne voyaient en lui qu’un traître ayant mis en danger les soldats partis à sa recherche.

« L’impartialité du juge remise en question »

Et les conservateurs avaient reproché à Barack Obama d’avoir fait une concession trop grande en acceptant de libérer cinq cadres talibans en détention à Guantanamo pour obtenir sa libération en 2014. Donald Trump, alors candidat à la présidentielle de 2016, l’avait traité de « sale traître pourri » qui méritait d’être exécuté.

Le sergent Bergdahl avait plaidé coupable, devant une cour martiale en 2017, de désertion et d’avoir mis en danger la vie de ses camarades de combat. À l’issue de ce procès, un juge militaire avait décidé de renvoyer le sergent Bergdahl, alors 31 ans, des rangs de l’armée pour manquement à l’honneur, sans le condamner à une peine de prison.

Mais ce juge militaire, Jeffery Nance, était alors candidat à un poste au sein de l’administration fédérale avec à sa tête Donald Trump.

Le juge fédéral a ainsi estimé mardi que « le juge militaire (aurait pu) être incité à satisfaire la volonté exprimée par le président de le condamner et de le punir » afin d’obtenir le poste, et donc que « l’impartialité du juge peut être raisonnablement remise en question », annulant ainsi son jugement.

Il s’agit d’une « victoire importante » pour Bowe Bergdahl, a déclaré au New York Times son avocat Eugene Fidell, ajoutant ne pas vraiment savoir quelles pourraient être les prochaines étapes dans ce dossier.

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