August 3, 2021
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AP- La première dame du Ghana renonce à toucher les 40 000 euros sur quatre ans votés par le Parlement. Un geste motivé par la vertu ou par la polémique ?

« Première dame » : pour beaucoup d’observateurs, l’expression évoque un sujet vulgairement people. Pour d’autres, elle est source de tous les fantasmes, celui d’une influence politique déterminante – de la Béninoise Rosine Soglo à l’Ivoirienne Simone Gbagbo– ou celui de mondanités dilapidatrices – de la Tunisienne Leïla Trabelsi Ben Ali à la Zimbabwéenne Grace Mugabe. La question de la first lady conduit même parfois à des débats statutaires incongrus, lorsque des chefs d’État comme le Nigérien Mamadou Tandja ou le Gambien Adama Barrow sont polygames.

C’est bien lorsqu’on parle de statut de ces premières dames – et des moyens qui vont avec – que grincent les dents de ceux qui considèrent la fonction comme une coquille vide sans légitimité démocratique. Un pays aux mœurs politiques plutôt paisibles vient de faire les frais d’une polémique en la matière. Il y a quelques semaines, le Parlement ghanéen votait un amendement permettant aux épouses du président et du vice-président de percevoir près de 40 000 euros sur quatre ans, ce qui correspondrait à un train de vie de niveau ministériel. Alors que le hashtag #FixTheCountry (« réparer le pays ») mettait déjà à l’index la gestion du budget national, le tollé n’a pas tardé à poindre…

Accès de vertu budgétaire

Le 13 juillet, la première intéressée, Rebecca Akufo-Addo, annonçait non seulement qu’elle rejetait l’offre des parlementaires, mais aussi qu’elle « rembourserait l’intégralité des indemnités reçues » depuis que son mari est au pouvoir, soit quelque 899 097 cédis (environ 128 000 euros), selon une évaluation de la presse locale. Un accès de vertu budgétaire sans doute suggéré par le régime de son époux en plein rétropédalage…

La position de la première dame ghanéenne fera-t-elle école, en matière de dépenses officielles ou officieuses, alors que la tentation du népotisme s’avère de plus en plus scabreuse ? A posteriori, la promotion politique d’enfants présidentiels, comme les Karim Wade et Keïta, s’est avérée plutôt maladroite. C’est bien sur ce point sensible qu’appuyait, ces derniers jours, le principal parti d’opposition ghanéen, le Congrès national démocratique (NDC) : « Monsieur le président, votre gouvernement n’agit pas pour l’ensemble des Ghanéens, mais pour le compte de votre famille. »

Les first ladies doivent-elles se cantonner aux bonnes œuvres bénévoles au lieu de jouer à « Madame la présidente » ? Le sujet ne concerne pas que le continent. De même que les dynasties politiques – abusives ou non – existent chez les Bush américains ou les Michel belges, les chefs d’État occidentaux prennent le temps de plancher sur le rôle formalisé de leur conjoint ou conjointe, parfois sous le prétexte d’une quête de transparence inédite. À son arrivée à l’Élysée, Emmanuel Macron annonçait ainsi son intention de doter son épouse Brigitte Trogneux d’un véritable statut. Mais « pas rémunéré par le contribuable »…

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