La Géorgie refuse de rendre des armes données par l’Ukraine pour l’aider à lutter contre la Russie

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AP- L’Ukraine avait envoyé des missiles anti-aériens en Géorgie pour la soutenir lorsqu’elle affrontait l’armée russe en 2008. Kiev réclame maintenant ces armes mais Tbilissi a catégoriquement refusé de les redonner.

“La Géorgie refuse de rendre les armes que Kiev lui avait fournies dans le cadre de son précédent conflit avec la Russie”. C’est l’accusation d’Andrei Kasyanov, le chargé d’affaires ukrainien dans ce pays du Caucase. Selon le quotidien The Odessa Journal, Kiev a effectivement demandé à Tbilissi de lui redonner les deux systèmes de missiles anti-aérien Bouk-M1-2. L’Ukraine avait envoyé ces deux technologies en Géorgie pour l’aider face à Moscou lors de la guerre russo-géorgienne de 2008.

Le Bouk (hêtre en russe) est un système antiaérien polyvalent mobile de moyenne portée entré en service en 1998. Cette technologie russe est destinée à la défense de forces terrestres, de véhicules blindés et de points vitaux (ponts, centre de communication, centrale électrique, ports). Cet engin peut également fonctionner dans un environnement d’intenses interférences électromagnétiques et nucléaires. Plus précisément, le système se compose de quatre éléments : un radar d’acquisition capable d’engager six objectifs simultanément, un poste de commandement, une plate-forme de tir comportant quatre rampes de lancement et un système de tir/chargement.

Tous ces composants sont montés chacun sur un tracteur-érecteur-lanceur chenillé, leur conférant une grande mobilité. Tous ces véhicules s’échangent en permanence les données qu’ils collectent, ce qui permet de constituer un système de défense unifié couvrant une vaste zone dans le ciel. De ce fait, si un radar d’un Bouk tombe en panne, il peut utiliser le radar de son voisin en réseau. Pour intercepter et détruire les cibles détectées, la technologie russe utilise deux types de missiles, le 9М38M1 et le 9М317. Ces engins peuvent détruire un avion à une distance de 45 kilomètres et un missile balistique à une distance de 20 kilomètres.

Andrei Kasyanov a soutenu qu’il était cohérent pour l’Ukraine d’exiger à la Géorgie qu’elle lui rende ces deux systèmes Bouk. De plus, le diplomate ukrainien a précisé que Kiev a aussi demandé à la Tbilissi de lui fournir des lanceurs antichars Javelin de fabrication américaine. “Ce transfert a non seulement été approuvé par les États-Unis, mais Tbilissi a également reçu une offre de Washington pour remplacer son stock de Javelin par des systèmes plus récents », a encore affirmé le chargé d’affaires ukrainien.

Tbilissi est restée sourde face aux demandes des diplomates ukrainiens. Depuis l’offensive de Moscou lancée en février 2022, la Géorgie – pays frontalier avec la Russie – a préféré rester neutre. Le 25 février dernier, le Premier ministre géorgien Irakli Garibashvili a déclaré que son État ne se joindra pas aux sanctions occidentales contre Moscou. De plus, ce pays du Caucase a rejeté les appels de Kiev à ouvrir un nouveau front contre la fédération russe en l’attaquant directement. Le premier ministre géorgien, ainsi que d’autres hauts fonctionnaires, ont déclaré qu’une telle démarche ne ferait que nuire au pays et irait à l’encontre des intérêts nationaux de la Géorgie.

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