La guerre en Ukraine masque-t‑elle les conflits à venir du Moyen-Orient ?

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AP- Emmanuel Macron coprésidera mardi, sur la rive jordanienne de la mer Morte, le deuxième sommet de soutien à l’Irak. Celui de l’an dernier, en août 2021 à Bagdad, avait permis à tous les frères ennemis de la région de se rencontrer et de se parler. De l’Irak d’abord, fragilisé dans son économie, dans son intégrité avec la menace des cellules réactivées de Daech, et dans sa stabilité avec les attaques répétées de la Turquie contre les Kurdes du PKK sur le sol irakien. Un an plus tard, le pouvoir à Bagdad a changé de main mais les défis restent les mêmes et se sont d’ailleurs aggravés depuis que le régime des mollahs, à son tour, frappe le Kurdistan irakien, qu’il accuse d’attiser la révolte populaire en Iran déclenchée par le décès de Mahsa Amini , une jeune femme kurde iranienne arrêtée pour port du voile incorrect.

Un œil inquiet sur ­Moscou, Ankara et Téhéran

« L’Irak est un pays pivot de cette région et donc, évidemment, le ­Président ne manquera pas d’évoquer lors de cette conférence une partie au moins des crises régionales », dit-on à l’Élysée. Qu’il s’agisse de la rivalité de puissance entre l’Iran et l’Arabie saoudite, qui seront tous deux représentés au sommet, ou de l’impact des entreprises de déstabilisation de l’Iran au Liban ou au Yémen. « On ne peut pas imaginer non plus le président de la ­République, dans un tel format, ne pas évoquer la Syrie, glisse-t-on dans l’entourage d’Emmanuel Macron. Je vous renvoie à une carte pour ceux qui l’ont sous les yeux. »

Ce que Paris redoute, en fait, c’est que la guerre en Ukraine ait un pouvoir de distraction. Un responsable français des questions de sécurité nationale rappelle qu’en pleine pandémie l’attention était tellement focalisée sur les questions de santé publique, partout dans le monde, que l’on n’avait pas vu la Chine, la Russie, la Turquie ou l’Iran continuer à fragiliser leurs environnements pour mieux asseoir leur hégémonie.

Aujourd’hui, les services de renseignement gardent un œil inquiet sur un agenda commun d’escalade stratégique mis en œuvre par ­Moscou, Ankara et Téhéran. En marge de son sommet moyen-oriental, Emmanuel Macron se rendra auprès des soldats embarqués sur le porte-avions Charles-de-Gaulle en mer Rouge ou en Méditerranée, comme il le fait chaque année à l’approche de Noël. L’occasion de rappeler l’utilité dissuasive d’un porte-avions face à la brutalité des temps.

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