0 3 minutes 2 mois

AP- En Ukraine, plus de sept ans après l’annexion de la Crimée par la Russie,

le gouvernement de Kiev a organisé le premier sommet international destiné

à préparer une éventuel retour de la Crimée en Ukraine. La « Plateforme de Crimée » a réuni ce lundi à Kiev les représentants de 46 pays, qui se sont mis d’accord sur une déclaration conjointe, visant à mettre fin à l’occupation russe sur la péninsule.

Avec notre correspondant à Kiev, Stéphane Siohan 

Depuis 2014, l’annexion de la Crimée était passée en arrière plan de la guerre du Donbass, comme si la communauté internationale considérait comme un fait acquis l’occupation de la péninsule.

À l’occasion des 30 ans de son indépendance, l’Ukraine souhaite lancer un mécanisme diplomatique qui permettra le retour de la Crimée dans son giron. En ouverture du sommet, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a appelé ses partenaires, à faire bouger les lignes.

Pour la première fois, au niveau international, la Russie est reconnue comme un État occupant, et selon le droit humanitaire international, elle doit arrêter les violations des droits de l’homme en Crimée occupée, et doit autoriser un accès illimité aux organisations internationales humanitaires.

La question de la Crimée n’est pas résolue. Cependant, le Kremlin a dénoncé la Plateforme de Crimée comme une initiative très hostile, et anti-russe, alors que depuis trois ans, la Russie renforce son emprise militaire et économique sur la province annexée.

Dans ce contexte, les perspective d’avancées diplomatiques autour de la Crimée, semblent extrêmement aléatoires. Pourtant, pour l’Ukraine qui ne peut rivaliser militairement avec Moscou, la diplomatie est la seule voie possible pour récupérer le contrôle de la Crimée, explique Volodymyr Yermolenko, docteur en études politiques à Kiev : « Je pense que l’Ukraine est très réaliste sur ses capacités. En face, la Russie a une armée très puissante. On voit sous le régime de Poutine une militarisation de la société et de l’Etat. C’est aussi une puissance nucléaire alors que l’Ukraine a renoncé à l’arme nucléaire à son indépendance. Le danger existe d’une agression future. L’Ukraine est encerclée : il y a l’offensive de l’est et la menace venue de Crimée, au sud, qui est une base militaire bien plus puissante que les bases américaines pendant la Guerre froide en Europe. »

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *