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AP- Alors que les autorités camerounaises travaillent sur la reconstruction dans les régions anglophones, à l’occasion de la session plénière du Parlement du mois de novembre, les violences se poursuivent. Le 24 novembre, plusieurs écoles ont été attaquées, faisant quatre morts et de nombreux blessés graves.

Alors qu’on enregistre un regain de violence sur le terrain, le débat sur la reconstruction entamée à l’Assemblée nationale semble donc pour certains décalé par rapport à la réalité.

Ernesto Yene, membre de la société civile, demande au gouvernement de revoir son attitude :

« Parler de reconstruction dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest est pour moi comme une injure à la paix. La première attitude face à un problème, ce qu’il faut éviter le déni. On sait que le conflit a des ramifications politiques, sociales et culturelles qui n’ont pas encore été purgées jusqu’ici. Tout ce qui a été abordé n’a eu que des allures cosmétiques. »

Le plan présidentiel de reconstruction et de développement du Nord-Ouest et du Sud-Ouest s’élève à 2.500 milliards de francs CFA.

« Perte de temps »

En pleine séance plénière du Parlement, Nourane Fotsing, député du PCRN, un parti de l’opposition, estime que dans un contexte trouble l’impact de cette reconstruction sur le terrain reste dérisoire :

« Moi j’ai envie de dire : construire comment ? Pour qui ? Avec qui ? Dans quelles conditions ? Nous ne pouvons pas accompagner le gouvernement dans ce chemin de reconstruction en pleine guerre qui ne sera qu’une perte de temps, d’argent et de crédibilité vis-à-vis d’un peuple souverain. »

A (re)lire également : Le drame des écoles attaquées en Afrique

Gérard Zambo, analyste politique, estime quant à lui que le plan n’est pas mauvais, mais le gouvernement devrait avoir une autre priorité.

« La reconstruction n’est pas une histoire d’édifices, ça commence tout d’abord par un réarmement moral pour toutes les populations dites anglophones, pour toutes ces victimes. Il faut une reconstruction morale d’abord avant de passer à la phase matérielle. C’est un gros travail de fond. »

Les débats se poursuivent dans l’hémicycle et les regards sont désormais tournés vers le gouvernement qui devra donner une réponse, avant la fin de la plénière de novembre, sur la situation de ces régions anglophones.

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