Les erreurs irréductibles de la politique Française en Afrique, De Mitterrand à Macron, la perfidie continue

Près de 27 ans de réflexion et de remise en cause commune, pour des résultats venteux. Depuis le génocide Rwandais de 1994 jusqu’à 2021, la politique Française en Afrique n’a guère évoluée, sinon qu’elle s’est enduite d’élégance théorique et diplomatique normative. 

Les forfaits de la politique Française dans la crise militaro-civile au Rwanda n’ont visiblement pas servi à redresser viablement la trajectoire de la diplomatie Française en Afrique.

Durant les quatre mois qu’a durée la phase active du génocide, la France sous l’impulsion de François Mitterrand, principal artisan de la modification du contrat de coopération militaire entre son pays et les forces armées Rwandaises, en 1992, donnant libre cours à la France d’intervenir directement dans les conflits armés au Rwanda, aux côtés des troupes du régime de Juvenal Habyarimana, a jouée un rôle ambigu dans les massacres qui ont été perpétrées dans ce petit état d’Afrique centrale. 

Des témoignages compromettants sur le soutien des soldats Français à leurs homologues du Rwanda, ont été ressortis au fil des années. De 1975, date de la signature du contrat d’assistance sécuritaire entre les deux pays à 1994, Paris a encadrée, tolérée, sinon soutenue, les dérives autocratiques et ethnicistes du régime du Mouvement Révolutionnaire National pour le Développement (MRND) de Juvenal Habyarimana. 

Au plus fort des tueries, la France officielle continuait de nier la réalité du génocide. Voguant entre balbutiements et alignement sur la position de la communauté internationale, la France en 2007, s’est contentée du strict acceptable, en reconnaissant timidement des ‘’erreurs politiques’’. En dépit de l’écho qu’a eu ce génocide au niveau international, la France n’a toujours pas changée de fusil d’épaule, surtout dans sa propension à entretenir des postures ambiguës dans les différentes crises au-devant desquelles elle se trouve en Afrique. 

Après la crise Malienne dans laquelle la France alors dirigée par le socialiste François Hollande, a jouée un rôle particulièrement controversé en adoubant de facto la partition du territoire Malien, avec d’un côté les groupes séparatistes toujours maîtres de Kidal et de sa région, et de l’autre, les forces Maliennes, contraintes de négocier leur présence dans les zones septentrionales, la posture de l’Élysée dans les crises des 3ème mandats en Côte d’ivoire et en Guinée-Conakry, a laissée de profondes séquelles dans l’opinion publique Africaine. 

À la fois taciturne et ambigüe dans son langage et ses prises de position, le pouvoir Français dirigé par Emmanuel Macron a tolérée, sinon justifiée comme dans le cas de la Côte d’ivoire, la nécessité du 3ème mandat, arguant d’une candidature par défaut du président sortant Ivoirien, après la mort de son dauphin désigné, l’ancien premier ministre, Amadou Gon Coulibaly. 

Depuis le début de la crise électorale le 06 Août 2020, jusqu’au 10 Novembre, soit 11 jours après la tenue de l’élection présidentielle du 31 Octobre 2020, quand le chef de la diplomatie Française, Jean-Yves le Drian, brisait le silence devant les parlementaires Français, en justifiant la décision de Paris d’adouber la réélection d’Alassane Ouattara, acquise sur des braises. 

Cette tendance à l’ambiguïté de Paris, plongeant les mains au cœur des crises Africaines et feignant à la fois la neutralité au nom du respect de la souveraineté, pourrait compromettre encore plus gravement la réputation de Paris, en cas de dérapage de ces crises latentes qui prennent de plus en plus la forme de foyers volcaniques somnolents. 

En 2016, à la tête de l’état Français, s’est produite une rupture générationnelle avec l’arrivée au pouvoir d’un président à l’époque moins que quadragénaire…mais, dans le fond, la politique étrangère et en particulier, Africaine, n’a aucunement évoluée.

Raoul Mobio

Raoul Mobio ( Mobio )

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