L’Iran évoque un échange de prisonniers avec les États-Unis, Washington dément

© AFP (archives) Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei.

AP – Alors qu’une annonce de la télévision libanaise, confirmée par la télévision d’État iranienne, affirmait dimanche qu’un échange de prisonniers entre les États-Unis et l’Iran est en cours, Washington un démenti dans la foulée, assurant que les informations sur un tel accord n’étaient « pas vraies ».

Le département d’État américain a démenti, dimanche 2 mai, des informations faisant d’un échange de prisonniers avec l’Iran, alors que Téhéran a confirmé une annonce de la télévision libanaise affirmant qu’un échange est en cours.

« Les informations selon lesquelles un accord d’échange de prisonniers a été conclu ne sont pas vraies », a déclaré à Reuters le porte-parole du département d’État, Ned Price. « Comme nous l’avons dit, nous soulevons toujours les cas d’Américains détenus ou portés disparus en Iran. Nous ne nous arrêterons pas tant que nous ne serons pas en mesure de les réunir avec leurs familles. »

« Malheureusement, ces informations sont fausses », a ajouté Ron Klain, le chef de cabinet de Joe Biden, sur la chaîne CBS. « Il n’y a pas d’accord concernant la libération de ces quatre Américains. »

« Aucune indication selon laquelle un accord est proche »

Un peu plus tôt, la télévision d’Etat iranienne, citant un responsable, a confirmé des informations de la chaîne de télévision libanaise pro-iranienne, Al Mayadeen, disant que l’Iran va libérer quatre Américains accusés d’espionnage en échange de quatre Iraniens détenus aux États-Unis et du déblocage de 7 milliards de dollars (5,8 milliards d’euros) de fonds iraniens gelés.

À Londres, un responsable du ministère britannique des Affaires étrangères a pour sa part minimisé les spéculations concernant une éventuelle libération de la membre britanno-iranienne d’une organisation humanitaire, Nazanin Zaghari-Ratcliffe.

Le ministère britannique des Affaires étrangères a indiqué que « les discussions légales se poursuivent » pour parvenir à la libération de sa compatriote. « Nous n’avons reçu aucune indication selon un accord est proche », a déclaré à l’AFP son époux, Richard Ratcliffe, après que la télévision iranienne a affirmé qu’un accord pour la libération de Nazanin Zaghari-Ratcliffe contre 400 millions de livres sterling a été trouvé.

La télévision d’État iranienne a cité un responsable iranien disant qu’elle serait libérée « après le paiement d’une dette militaire » due par la Grande-Bretagne à Téhéran.

Un accord intérimaire en attendant un règlement durable

L’Iran et les grandes puissances mondiales sont actuellement en pourparlers pour tenter de relancer l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien que Washington a abandonné il y a trois ans, pendentif la présidence de Donald Trump.

Des responsables iraniens ont déclaré à Reuters le mois dernier qu’un accord intérimaire pourrait être un moyen de gagner du temps en attendant un règlement durable impliquant le déblocage des fonds iraniens gelés par les sanctions américaines.

L’Iran estime que 20 milliards de dollars de ses revenus pétroliers ont été gelés dans des pays comme la Corée du Sud, l’Irak et la Chine.

Téhéran et les grandes puissances sont en pourparlers à Vienne depuis début avril pour étudier les mesures à prendre concernant les sanctions américaines et les violations présumées par l’Iran de l’accord de 2015, afin d’amener Téhéran et Washington à l’respect pleinement.

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