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AP- A Madagascar, le président de la chambre nationale des huissiers et des commissaires-priseurs déclare subir des intimidations après avoir dénoncé, avec son épouse, des exportations illicites d’or. Depuis octobre 2020, les exportations d’or ont été suspendues dans la Grande Île par une note du ministère des Finances pour assainir la filière. Mais le secteur aurifère est malgré cela toujours abonné aux trafics de grande ampleur. Exportations illicites d’or et trafics de devises. C’est ce que le couple a dénoncé auprès du bureau indépendant anti-corruption au début du mois de février. Depuis, les trafiquants multiplient les intimidations, explique Maître Alain Rakotonirina, président de la Chambre des huissiers et des commissaires-priseurs selon le journal Libération dans sa parution du jour.
« Par rapport à mes activités et celle de ma femme, qui est conseillère juridique, nous avons reçu des informations très importantes concernant un trafic d’or et un trafic de devises à Madagascar. Une fois qu’on a fait la dénonciation au niveau des autorités compétentes, ma femme et toute ma famille ont subi d’énormes pressions de la part de ces gens malveillants. Je demande aux autorités malgaches compétentes de nous protéger ». Le trafic a aussi été signalé auprès du Service de renseignements financiers (Samifin)  de la gendarmerie, précise le président de la chambre.
« Un dossier a été monté contre ma femme. Physiquement, une femme enceinte est dans l’impossibilité, à quatre jours de son accouchement, d’agresser un monsieur de 25 ans. On perquisitionne notre maison à des heures illégales. On dépose des convocations à des heures illégales. […] En fait, je fais ça pour mon pays parce qu’on braque l’or à Madagascar. On envoie des devises à l’extérieur. C’est pour cela que nous sommes pauvres actuellement. C’est pour cela qu’il n’y a pas de stabilité au niveau du cours de change et ça appauvrit le peuple malgache ». 
 
Dans un communiqué, les huissiers et commissaires-priseurs ont indiqué qu’ils entreraient en grève lundi pour dénoncer, entre autres, le harcèlement subi par le couple, «le non-respect des droits et le harcèlement d’une femme enceinte par les autorités », « l’usage de la corruption par des individus malveillants soucieux de s’enrichir, en accaparant et en vendant des ressources stratégiques appartenant à l’ensemble des Malagasy».

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