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AP- En Autriche, le ministre des Affaires étrangères Alexander Schallenberg a été officiellement investi ce lundi 11 octobre comme nouveau chancelier. Il promet de « rétablir la confiance » et remplace ainsi Sebastian Kurz, emporté par un scandale de corruption et la pression deses partenaires de coalition.

L’ex-chancelier de 35 ans avait annoncé son départ le week-end denier, quelques jours seulement après l’ouverture d’une enquête à son encontre et d’une perquisition menée au siège de son parti.

Ministre des Affaires étrangères à 27 ans, chancelier à 31, l’ascension de Sebastian Kurz, qu’on appelle le « Wunderkind », l’enfant prodige, a été aussi fulgurante que sa chute et celle de tout un système semble vertigineuse.

Connivence entre politique et médias

300.000 messages retrouvés fin 2019 sur le disque dur d’un de ses fidèles vont éveiller l’intérêt du parquet anti-corruption. Des messages qui vont progressivement fuiter dans la presse, et révéler au grand jour une pratique qui consiste à avoir une influence sur le contenu d’un journal, en échange de l’achat d’encarts publicitaires. Tout le monde y gagne : le politique s’offre de la popularité et des patrons de médias peu scrupuleux se remplissent les poches.

Pour la justice autrichienne, qui a mené de perquisitions la semaine dernière au siège du parti de Sebastian Kurz et à la chancellerie, l’argent du ministère des Finances aurait servi à financer des sondages d’opinion « partiellement manipulés » favorables au chancelier tout comme des articles élogieux dans la presse, notamment dans des tabloïds. Ces journaux racoleurs sont si puissants dans le pays que le terme de « démocratie à sensation » y a été inventé, en référence à la presse à sensation.

« Le contribuable paye sa propre désinformation »

Une ‘forme de corruption des médias dont on parle depuis des années en Autriche », explique le journal autrichien Falter, qui dénonce « l’accès des puissants aux contenus des journaux. » A la fin, écrit le quotidien, « la victime c’est la République » et « le contribuable finance sa propre désinformation ».

Au-delà de Sebastian Kurz, qui était par ailleurs déjà visé dans une autre enquête depuis le printemps, cette affaire montre selon le site allemand Die Zeit « l’image d’une clique sans scrupules, qui a fondé sa marche vers le pouvoir sur de répugnantes intrigues ». Car c’est tout l’entourage du jeune chancelier, composé essentiellement d’hommes, qui semble de mèche. Neuf autres suspects sont dans le collimateur des enquêteurs.

Sebastian Kurz, lui, insiste toutefois sur sa présomption d’innocence. Son départ n’est donc pas un aveu de culpabilité. Il dit vouloir éviter « le chaos » dans le pays et son retour est tout sauf improbable lui qui avait déjà réussi à surmonter en 2019 le spectaculaire scandale de corruption de l’Ibizagate et qui conserve encore pour le moment, son immunité parlementaire.

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