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AP- Lorsqu’il est au travail, Jean-Baptiste Martin, jardinier à Aubagne (Bouches-du-Rhône), a l’impression que le temps s’est subitement accéléré. « Sur ces platanes, on voit qu’il y a une chute de feuilles qui, l’été, en général, n’arrive pas. Cela arrive plutôt à l’automne… Cette année, ça arrive déjà à partir de fin juin au lieu d’arriver fin septembre », regrette-t-il.

Pour ce patron d’une d’entreprise d’entretien d’espace verts, il n’y a aucun doute, cela est dû au manque d’eau. « L’arbre n’absorbe pas d’eau, donc, forcément, il se protège et par conséquent, il élimine ses feuilles. On pourrait évoquer surtout le platane, le chêne vert, le chêne blanc et après tous les bois blancs. Ca peut être le charme, l’hêtre, éventuellement des arbres plus résistants comme le bouleau, le peuplier, détaille-t-il. Cette année, on a coupé des grosses sections de bois morts sur des tilleuls qui étaient dangereuses. Des arbres qui peuvent faire 70 cm de diamètre à la base, ce qui est assez gros. C’est vraiment dû à la sécheresse« , souffle Jean-Baptiste Martin.

« Des plantes ne sont plus pour chez nous »

Avec ce phénomène, amplifié par les vagues de chaleurs successives ces dernières semaines, les arbres et les jardins sont tous en souffrance, même les espèces endémiques à la méditerrannée. « Tous les jours, j’ai des clients qui viennent se plaindre des problèmes de la végétation qui se dessèche plus rapidement que prévu… », confie Mathieu Bonventre, propriétaire d’une pépinière à Aubagne.

Et d’ajouter : « La végétation méditerranéenne est à deux doigts de mourir, comme les cistes, du romarin qui est très très sec, le thym qui se dessèche… On voit des pins mourir. Les lierres sur les maisons, sur les murs, se dessèchent complètement. On le voit dans les forêts, dans les garrigues. C’est tragique, c’est du jamais-vu », s’alarme-t-il.

Face à cette situation, ce professionnel envisage sérieusement de ne plus conseiller certaines plantes à ces clients. « Je commence à me poser la question des plantes que je vais éviter de vendre, de conseiller à la vente, parce que ce n’est plus pour chez nous, comme tout ce qui est à gros feuillage tendre et qui souffre trop l’été. Ils grillent avant l’heure : normalement, ils perdent les feuilles quand il fait un peu froid et avec un changement de temps à l’automne. Là, depuis juillet, ils ne tiennent pas le coup », soupire-t-il. C’est déjà le cas par exemple des camélias, des azalées ou encore des rhododendrons, qui ne figurent quasiment plus dans ses stocks.