Sœur Gloria Cecilia, ex-otage au Mali : «Mon esprit n’a jamais été kidnappé»

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Dans une interview accordée à «Aleteia», un quotidien d’information et de formation sur internet, Sœur Gloria Cecila Narvaez est revenue sur ses 4 ans et 8 mois de captivité au Mali. Elle évoque les conséquences de sa détention sur sa foi et ses moments les plus durs. 

Selon le premier site catholique au monde, «l’histoire de sœur Gloria Cecilia est emblématique de la souffrance des chrétiens dans la région du Sahel, durement touchés par les persécutions. Enlevée par des groupes djihadistes au Mali, elle est libérée en octobre 2021, après cinq années de souffrance et de mauvais traitements». «Depuis sa libération, la franciscaine de Marie Immaculée partage son témoignage partout dans le monde tout en appelant à la fraternité. Récemment, elle a même été invitée à rédiger la préface du rapport de l’AED sur la liberté religieuse publié le 22 juin. Alors qu’elle menait une existence paisible et fraternelle au Mali, pays à majorité musulmane (98%), la vie de sœur Gloria a basculé le 7 février 2017 à neuf heures du soir», relève «Aleteia». «Dans la maison, nous étions quatre sœurs (une Africaine et trois Colombiennes). Nous nous occupions de treize enfants atteints d’une maladie contagieuse, lorsque quatre hommes lourdement armés de mitraillettes, de machettes et de revolvers sont entrés par effraction et ont commencé à nous insulter…. J’ai offert ma vie pour que mes sœurs ne soient pas blessées», a confié l’ex otage au quotidien catholique en ligne.

Interrogée sur les conséquences de cette épreuve sur  sa foi, la religieuse colombienne lance : «comme on dit, il n’y a pas de mal qui n’advienne pas pour le bien. Cet enlèvement m’a permis de vivre plus intensément ma vie consacrée. J’ai réalisé qu’avant cet enlèvement j’étais une religieuse en retrait. Cette expérience m’a aidée à me mettre à la place de ceux qui souffrent, de ceux qui sont privés de liberté et de traiter tout le monde avec la miséricorde avec laquelle Dieu nous traite. Bien que ce furent des années difficiles, je peux dire avec certitude que mon esprit n’a jamais été kidnappé et que le Seigneur m’a surprise avec les merveilleux cadeaux de Sa Création tels que des couchers de soleil, des cieux étoilés… »

Enchaînée longtemps et constamment menacée de mort

Revenant sur ses moments de détention, Sœur Gloria Cecila Narvaez décrit des conditions très pénibles. «J’ai été enchaînée pendant longtemps et constamment menacée de mort. Quand ils allaient dire leur prière, ils venaient me cracher dessus et me maltraiter, ils disaient qu’ils ne seraient jamais amis avec une personne d’une autre religion, et encore moins avec une religieuse. Mais j’ai prié pour eux afin qu’ils comprennent que nous pouvons être frères et vivre en fraternité».

‘’Le moment le plus dur de ma captivité, a-t-elle martelé, a peut-être été la mort de Béatrice, une jeune femme suisse, protestante et compagne de route avec qui nous avons vécu de nombreuses années en captivité…. Ce fut une grande douleur pour moi et pour la société suisse qui était présente au Mali avec des projets d’aide humanitaire. C’était une personne pleine de valeurs et ils l’ont tuée presque à la fin parce qu’une fois, elle leur a mal répondu quand ils ont fait pression sur nous pour nous convertir à l’islam. Avec une autre camarade, nous avons entendu les coups de feu et regardé le moment où ils l’ont emmenée. Je prie beaucoup pour son repos éternel, c’est vraiment une martyre ».

Elle témoigne : «sans aucun doute, cela a été l’une des expériences qui a le plus transformé ma vie spirituelle…. Aujourd’hui, avec le recul, je crois que, même si cela semble paradoxal, c’était peut-être l’une des plus grandes bénédictions que Dieu m’ait données

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