Sommet climat: l’Afrique entre attentes et urgence d’agir

© REUTERS/Mike Hutchings A Cap Town, en Afrique du Sud, des jeunes manifestent lors de la marche mondiale sur le climat. le 20 septembre 2019 (image d’illustration).

AP-La lutte pour le climat est au cœur d’un sommet virtuel international organisé sur deux jours par le président américain Joe Biden, à l’occasion de la Journée de la Terre. Sur le continent africain, les signes du dérèglement se multiplient.

Les premières annonces de Joe Biden dénotent une volonté de réduire les émissions de carbone. Pour montrer l’exemple, Biden a annoncé que les États-Unis seraient prêts à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 50% d’ici 2030, soit le double par rapport à son ancien engagement. Une position qui signe le retour des États-Unis dans le combat mondial pour le climat. Mais en Afrique, l’enjeu est ailleurs…

Sur les 40 dirigeants invités à ce sommet virtuel, cinq viennent d’Afrique : les présidents de la République démocratique du Congo, du Kenya, d’Afrique du Sud, du Nigeria ou encore du Gabon. Réunis pour ce nouveau sommet « de la dernière chance », ils entendent faire peser la voix de l’Afrique.

Là-bas en effet, il s’agit déjà de s’adapter au changement climatique. Voiture les conséquences du réchauffement sont déjà bien visibles sur le continent : sécheresses, inondations, cyclones, et même invasions fréquentes de criquets. La vulnérabilité des pays africains aux catastrophes a été mise en exergue par la crise sanitaire, insistant les écologistes, qui appellent à une reprise économique durable.

Pour y faire face, il faudra des moyens. Un message que les dirigeants africains sont susceptibles de rappeler, tout comme les 100 milliards de dollars d’un fonds vert promis par les richesses, mais jamais versés. Les pays d’Afrique attendent des investissements massifs dans les énergies renouvelables et les projets de reboisement, ne les montants se chiffrent en milliards de dollars.

En Afrique, « nous devons affronter les événements qui existent déjà »

Entretien avec Wanjira Mathai, directrice régionale de l’Institut mondial des ressources.

Commentaire percevez-vous les annonces de Joe Biden et quels sont les défis que doit relever l’Afrique face à cette crise climatique ?

Les États-Unis sont les plus grands émetteurs historique de gaz à effet de serre au monde. C’est pourquoi il est important qu’ils marchent en tête du mouvement pour le climat. Nous avons besoin d’un signe qui prouve qu’ils s’engagent à atteindre des objectifs ambitieux, à court terme, en vue d’atteindre la cible d’1,5 dégré.

Nous savons que les pays africains et le continent en général peu contribué à la crise que nous traversons. La solidarité internationale est donc important, car nous sommes tous dans le même bateau, et nous devons travailler ensemble afin d’augmenter nos ambitions climatiques. Nous devons œuvrer à l’atténuation des conséquences du réchauffement, et c’est là où les émissions de gaz à effet de serre jouent un rôle. La réduction des émissions incombe aux grands émetteurs, et les États-Unis sont parmi les plus grands, sinon le plus grand.

Il est important d’atténuer les effets que le changement climatique ont sur ce continent. C’est pour ça que la décision de réduire les émissions de carbone est cruciale. Mais l’adaptation au changement climatique est aussi important. C’est l’un des défis majeurs pour l’Afrique.

Nous devons nous préparer à la crise qui nous assistons et aussi nous affronter les événements qui se produisent déjà. Par exemple, l’invasion de criquets dans la région de l’Afrique de l’Est, ou le deuxième plus grand cyclone de l’histoire qui a ravagé le Mozambique, sans oublier les inondations dans le Sahara. Il y a beaucoup de travail pour renforcer la capacité de l’Afrique à faire face à tous ces événements.

Je pense que la pandémie a accentué la vulnérabilité dans nous trouvons face aux chocs dus à la perturbation de la biodiversité, qui sont liés à la crise climatique.

Le président kényan Uhuru Kenyatta est l’un des cinq chefs d’État africains qui participent à ce sommet virtuel. Commentaire jugez-vous le rôle du Kenya dans la lutte pour le climat ?

Le Kenya joue un rôle très important. Son réseau énergétique comporte plus de 80% de sources renouvelables. Mais c’est dans le domaine agricole que nous pouvons mieux faire. Il y a beaucoup de femmes qui travaillent dans ce secteur et qui dépendent de son essor. Nous devons donc commencer à tirer parti de certaines opportunités, comme l’accord sur la Zone de libre-échange continentale africaine qui permettrait aux femmes et aux autres agriculteurs d’investir et de participer au commerce intra-africain. Mais nous pouvons aussi mieux faire dans la restauration des paysages et la protection des forêts et de la végétation.

Vous êtes la fille de Wangari Maathai, surnommée « la maman des arbres ». Commentaire poursuivez-vous son héritage ?

Je suis très inspiré par le travail qu’elle a pu accomplir, par les progrès qu’elle a pu faire pour sensibiliser le public kényan à la préservation de la planète. À tel point que l’environnement est devenu une question centrale. L’Afrique est un continent relativement jeune, et je travaille donc très dur pour m’assurer que les efforts notamment pour replanter les arbres puissent continuer et que les jeunes jouent un rôle pour l’avenir du continent.

afriquepresse

Add your Biographical Info and they will appear here.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *