Somnambulisme sexuel : quel est ce trouble dont un homme accusé de viol assure être atteint ?

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 Accusé du viol de son ex-petite amie et d’une autre femme, un trentenaire originaire de Moselle a invoqué un complot pour l’une et souffrir de somnambulisme sexuel pour l’autre. Si une telle pathologie existe réellement, ses explications n’ont, à ce stade, pas convaincu les juges.
 
Un trouble rare et méconnu. Ce lundi 4 décembre s’ouvre le procès de Yusuf V., un trentenaire accusé de viol sur deux femmes, dont l’une pour qui la circonstance aggravante de conjugalité a été retenue.

Alors qu’il crie au complot pour son ex-petite amie, les traces d’ADN retrouvées sur les sous-vêtements de l’autre plaignante ont conduit l’accusé à invoquer la sexomnie, un trouble rare du sommeil qui provoque une envie obsessionnelle et inconsciente de sexe en dormant.
 
Une version qui, à ce stade, n’a pas convaincu l’expert sollicité pour interroger l’accusé, ni le juge d’instruction, qui a renvoyé Yusuf V. devant la cour criminelle de la Moselle pour répondre des faits de viol par surprise sur les deux jeunes femmes. 
 
UNE ENVIE OBSESSIONNELLE DE SEXE EN DORMANT
La sexomnie est un «somnambulisme sexuel» qui concerne certaines personnes atteintes de troubles du sommeil. Cette maladie, bien réelle, consiste en une envie obsessionnelle de sexe en dormant. Cela peut se traduire de différentes manières : le malade peut avoir un comportement sexuel inconscient comme une érection, des mouvements du bassin, des tentatives de pénétration ou de masturbation frénétique. 
 
Selon une étude canadienne réalisée en 2010, cette maladie touche 8% des personnes atteintes de troubles du sommeil, et peut avoir des conséquences particulièrement extrêmes, poussant parfois le patient à s’en prendre à son ou sa partenaire. Le malade essaye alors d’avoir un rapport sexuel sans consentement, et peu même faire usage de la force. 
 
Toujours selon l’étude canadienne, cette maladie concerne plus les hommes (11%) que les femmes (4%). Comme un somnambule, le sexomniaque dispose d’une forme de conscience onirique, qui semble sortie d’un rêve, et sa confusion se révèle accrue lorsqu’il a consommé de l’alcool ou de la drogue.
 
LA VERSION DE L’ACCUSÉ NE CONVAINC PAS LES JUGES
Ces dernières années, certaines affaires de viol ou d’attouchements incestueux portées devant la justice se sont soldées par un acquittement pour cause de «sexomnie». Dans ces cas précis, les avocats et médecins ont prouvé l’existence de la maladie par des enregistrements du sommeil troublé de l’accusé. 
 
Il convient donc de ne pas confondre un «sexomniaque», qui souffre réellement d’un trouble rare, et un violeur qui utiliserait consciencieusement cette pathologie pour se faire passer pour une victime de ses pulsions.
 
Dans le cas de Yusuf V., l’homme a d’abord nié les faits en évoquant «la folie» de la plaignante avant de revenir sur ses déclarations pour invoquer un rapport sexuel «de façon inconsciente», pendant son sommeil, lorsque des traces de son ADN ont été trouvées sur et à l’intérieur des sous-vêtements de la victime.
 
 
 
Concernant son ex-petite amie, Yusuf V., dément toujours les faits et invoque «un complot» mené par une femme qu’il décrit comme «très possessive». L’audience devra donc déterminer la véracité des faits et des justifications de somnambulisme sexuel dont l’accusé prétend être atteint. 

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