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AP- L’économie de la première industrie africaine s’est contractée de 1,5% entre juillet et septembre par rapport au trimestre précédent, après quatre périodes consécutives de croissance.

L’économie sud-africaine, étouffée par l’incertitude liée à la Covid-19 et des mois de restrictions sanitaires, ressent désormais l’impact des destructions massives survenues lors d’émeutes sans précédent en juillet, avec une contraction au 3e trimestre, la première depuis un an.

L’économie de la première industrie africaine s’est contractée de 1,5% entre juillet et septembre par rapport au trimestre précédent, après quatre périodes consécutives de croissance, a annoncé mardi l’agence nationale de statistiques (StatSA). Le Produit Intérieur Brut (PIB) est retombé au niveau de 2016 et « certains gains que le pays avait réalisés depuis l’impact sévère de la Covid-19 sur l’économie au deuxième trimestre 2020 » sont perdus, selon un communiqué.

L’Afrique du Sud était déjà en récession lorsqu’en mars 2020, un des confinements les plus strictes imposés dans le monde a donné un coup de massue à de nombreux secteurs. L’économie, qui avait connu une contraction record de 6,4% en 2020, avait toutefois rebondi plus rapidement que prévu au cours du premier semestre de cette année et les autorités misaient sur une croissance de 5,1% en 2021.

Emeutes et pillages

Mais en juillet, le pays a connu une vague inédite d’émeutes et de pillages à Johannesburg et dans la province du KwaZulu-Natal (est). Des centaines de commerces ont été incendiés, des destructions qui auront un impact économique « sur le long-terme », avaient mis en garde devant le Parlement en novembre, le ministre des Finances, Enoch Godongwana.

Les violences ont fait plus de 350 morts et des dégâts estimés à plus d’1,5 milliard d’euros. Au départ déclenchées par l’incarcération de l’ex-président Jacob Zuma, elles ont également été le signe d’un climat social et économique tendu dans un des pays les plus inégalitaires au monde rongé par le chômage.

Taux de chômage

Sur la même période, le taux de chômage officiel a atteint 34,9%. Les secteurs les plus porteurs ont accusé une baisse de production: le commerce, la restauration et l’hôtellerie ont chuté de 5,5% tandis que l’industrie manufacturière s’est contractée de 4,2%. L’agriculture a plongé de 13,6%, sa plus forte baisse en cinq ans. Autre mauvais signe, les dépenses des ménages ont également diminué de 2,4%.

« Les pillages et la fermeture de magasins dans le KwaZulu-Natal pendant les troubles ont entraîné des pénuries alimentaires. De nombreux consommateurs ont eu du mal à trouver les produits de première nécessité », a expliqué l’agence statistique. En juillet, le pays officiellement le plus touché du continent par le virus avait également renforcé les mesures sanitaires, pour faire face à une vague d’infections.

Aujourd’hui, l’Afrique du Sud entre dans une nouvelle vague de pandémie avec l’apparition du variant Omicron. De nombreuses incertitudes planent encore sur la nature de cette forme mutante de Covid-19, mais elle est redoutée plus contagieuse.

Panique mondiale

L’annonce le 25 novembre par une équipe de scientifiques sud-africains de la détection d’un nouveau variant a provoqué une panique mondiale : de nombreux pays ont fermé leurs frontières, mettant en quelques heures l’Afrique australe au ban du monde et menaçant de porter un nouveau coup dur à son économie et notamment au tourisme, en plein été austral.

Par ailleurs, des coupures d’électricité récurrentes dues à des centrales électriques vieillissantes et mal entretenues par une entreprise publique aux finances moribondes, aggravent depuis des années les difficultés économiques.

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