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AP- Au Mali, face au refus du colonel Assi-mi Goïta d’organiser des élections indépendantes, les sanctions s’enchaînent.

C’est une véritable mise en quarantaine. Face à l’obstination de la junte malienne dirigée par le colonel Assi-mi Goïta de ne pas organiser d’élections indépendantes le 27 février, ce qui aurait ramené les civils au pouvoir, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a sorti l’artillerie lourde. Le 10 janvier, cette instance qui regroupe quinze pays a décidé de fermer les frontières avec le Mali au sein de son espace et de suspendre les échanges commerciaux autres que les produits de première nécessité. La Cédéao a aussi fait le choix de couper ses aides financières et de geler les avoirs du Mali à la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest.

Sanctions à venir de l’UE?

Un tour de vis qui ne sera pas sans effet. Selon un document de la Cédéao en date du 8 janvier, ces fonds représentent 430 millions d’euros. « La Cédéao n’a pas eu la main tremblante, analyse un diplomate africain. Les chefs des Etats voisins ont même pris des décisions qui peuvent être contraires à leurs propres intérêts, à l’instar du Sénégal, dont le port de Dakar vit pour plus de 50% des produits à destination du Mali. » Les pays membres ont aussi rappelé leurs ambassadeurs en poste à Bamako. Paris, Washington et Bruxelles ont annoncé qu’ils soutenaient ces sanctions.

L’Union européenne a par ailleurs, fin décembre, gelé les avoirs et prononcé des interdictions de visas contre des membres de la milice russe Wagner présente au Mali. Et elle n’écarte pas la possibilité de prendre des mesures restrictives. « D’ici à début février, l’Union européenne aura très probablement pris une batterie de sanctions variées contre la junte malienne », soutient-on au Quai d’Orsay.