April 1, 2023
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AP- Des précipitations exceptionnelles en Chine ou encore en Allemagne et en Belgique. Des températures hors norme au Canada également confronté aux incendies qui ravagent l’ouest des Etats-Unis. Le sud de Madagascar frappé par une sécheresse exceptionnelle qui entraîne une malnutrition aiguë touchant en majorité les enfants de moins de cinq ans… La liste des catastrophes naturelles, de plus en plus intenses et qui provoquent des drames, ne cesse de s’allonger.

Robert Vautard est climatologue et directeur de l’Institut Pierre-Simon Laplace. Selon lui, tout se joue dans la vitesse des changements climatiques.

« On sait que le climat était plus chaud qu’aujourd’hui il y a 125.000 ans par exemple. Ça a été ce qu’on appelle le dernier interglaciaire, le climat était plus chaud. Mais la problématique qu’on a aujourd’hui c’est une question de vitesse, on n’a jamais eu des changements aussi rapides, avec une telle amplitude que les changements qu’on a aujourd’hui  » explique le climatologue.

Changer nos habitudes

Pour inverser la tendance, les Etats misent sur une réduction des émissions de CO2. L’accord de Paris de 2015 vise ainsi à limiter le réchauffement climatique  » à un niveau bien inférieur  » à deux degrés Celsius, de préférence à 1,5 degré, par rapport à l’ère préindustrielle.

Mais la planète a déjà gagné au moins un degré. Conséquence : une multiplication des événements météo extrêmes, et même si les Etats promettent des réductions des émissions et respectent leurs engagement, on risque de se retrouver avec un monde à +3 degrés Celsius.

Selon l’Onu, pour respecter l’objectif idéal de l’accord de Paris, il faudrait réduire les émissions de CO2 de 7,6 % par an chaque année entre 2020 et 2030. Un pari loin d’être gagné.

Pour Miranda Schreurs, professeur d’environnement et politique climatique à l’ Université de Munich en Allemagne, il est impératif de changer nos habitudes. « Nous devons réfléchir à la façon dont nous changeons nos modes de vie afin de devenir beaucoup moins dépendants des combustibles fossiles. Et nous devons réfléchir à ce que nous pouvons faire pour ramener la nature. Vous pouvez être à peu près assuré que ce que nous avons vu dans le monde cette année continuera. L’impact sera énorme. Le changement sera difficile, ce sera vraiment difficile, mais c’est tellement nécessaire  » précise t-elle.

En dépit du choc que les catastrophes naturelles suscitent, certains craignent que le regain d’intérêt pour le climat ne soit que passager. Si 2020 a vu une baisse des émissions de CO2 en raison de la pandémie de Covid-19, un rebond est toutefois attendu.

L’Agence internationale de l’énergie prédit même des émissions record d’ici 2023, en raison de la faible part des plans de relance consacrée aux énergies propres.

Auteur: Carole Assignon