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AP- Déjà à sa deuxième semaine depuis lundi 8 novembre, la conférence pour le climat a multiplié les annonces sur la déforestation, le méthane et le charbon. L’Australie refuse toutefois de cesser de bâtir des centrales de charbon, malgré les feux de forêt qui ravagent le pays. Des victimes sont venues faire entendre leurs voix, comme Jo Dodds, de l’association Survivants des feux de forêts pour l’action climatique.

« C’est un coin merveilleux, entourés de parcs nationaux. Des plages immaculées, un air pur… Et tout cela a pris feu », résume Jo Dodds, présente à la COP26 pour porter la voix des victimes des feux de forêt australiens. En 2018, un feu de forêt réduit en cendre une partie du village de cette Australienne, Tathra, sur une côte est qui un an plus tard va brûler pendant des mois. Elle décide alors de s’engager :

« Le changement climatique rend l’Australie plus sèche et plus chaude. Nous aimerions que l’Australie fasse comme le reste du monde : négocier, fixer des objectifs. Mais cela ne l’intéresse pas : elle va ouvrir de nouvelles mines de charbon. Nous supplions le gouvernement de s’occuper des habitants de Tuvalu, qui sentent les effets du changement climatique, mais aussi de sa propre population qui brûle dans les feux de forêt ! »

Elle est donc venue à la COP26. Grâce à un appel sur les réseaux sociaux, son voyage a été financé par des australiens qui voulaient faire entendre leur voix

J’ai rencontré deux anciens Premiers ministres australiens, des membres de l’opposition… Je leur dis : faites plus. Et si vous n’arrivez pas faire passer le message, faites venir quelqu’un qui a vu sa maison brûler. Est-ce qu’ils m’écoutent ? Je ne sais pas. Mais à mon avis le gouvernement australien réalise que la voix des gens qui souffrent à cause du changement climatique va être problématique pour eux. Surtout lors d’élections. Et j’espère que cela va contrebalancer la voix du secteur du charbon, qui est extrêmement présente, et très bien payée.

« Des annonces intéressantes, mais sans plans d’action, cela ne sert à rien »

La deuxième semaine de négociations déjà en cours, les civils, responsables associatifs et chercheurs veulent faire de la pression sur les acteurs pour des actions concrètes.

Alors que l’impact du réchauffement climatique sur des phénomènes extrêmes, type tempêtes, est au cœur des négociations à Glasgow, Rémy Slama, directeur de recherche à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale) et épidémiologiste environnemental (Inserm) tire aussi la sonnette d’alarme sur l’impact sur la santé humaine.

Pour Laurence Tubiana, architecte de l’accord de Paris et présidente de la Fondation européenne pour le climat, cette deuxième semaine de négociations à la COP26 qui commence est un véritable test de crédibilité pour le processus onusien. Déclarer que son pays ou son entreprise sera neutre en carbone en 2050 ne suffit pas, s’énèrve-t-elle.

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