0 3 minutes 2 ans

AP- La mort fait partie de la vie. Mais elle est d’une absolue cruauté en cette période de pandémie où le virus frappe à tout va. Des êtres dont l’heure n’a pas encore sonné sont arrachés brusquement à la vie. La tragédie dans son expression la plus insupportable. Ne sachant plus à quel saint se vouer, les familles ayant perdu un proche sont inconsolables. Accablées au plus haut point, leurs témoignages “font pleurer les montagnes”, pour reprendre une expression bien de chez nous. S’éteindre en temps de corona, dans la solitude, est plus qu’une mort. L’impossibilité de rendre une dernière visite et de jeter un dernier regard. Le rite funéraire est bousculé, les veillées funèbres qui réconfortent et les cérémonies d’enterrement sont proscrites.
La suspension de ces actes aux effets psychologiques et sociaux soulageants plongent les familles dans un insoutenable désarroi. Les familles ne feront jamais leur deuil. Traumatisées, elles s’installent durablement dans une infinie tristesse. Ce cycle de tragédie humaine dure depuis deux années et sans discontinuité. Il a créé, chez nous comme partout ailleurs dans le monde, un climat angoissant. Il serait difficile de se remettre de cette grande dépression collective et individuelle. Les préoccupations économiques ne devraient pas occulter de braquer les projecteurs sur les failles que laisseront les drames humains vécus par des milliers et des milliers de familles.
La période post-coronavirus sera extrêmement délicate, d’autant que notre société se remet à peine de la violence massive des années quatre-vingt-dix. Un cumul traumatique d’une ampleur intenable. Les symptômes commencent à se faire ressentir dans la société tant la pandémie a profondément bouleversé les rapports humains et modifié littéralement l’environnement social. À cela se greffe un décrochage économique de nombreux foyers qui pourra certainement aggraver les choses.
Il ne faut surtout pas alors faire dans le déni et pousser au refoulement. Les autorités concernées doivent, dès à présent, engager la réflexion sur cet important chantier et permettre aux spécialistes de mener les études nécessaires à la thérapie. Ces derniers ne cessent de tirer la sonnette d’alarme. Les prises en charge psychologiques et l’accompagnement des familles endeuillées font partie de ce processus thérapeutique qu’il faudra rapidement mettre en place. Toute une société à guérir.