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Ce discours, tout le monde l’attendait. Finalement, ce 17 Octobre, soit 4 mois jour pour jour après son retour d’exil à Abidjan, l’ex chef d’état Ivoirien, Laurent Gbagbo, a dit sa part de vérité sur des questions brûlantes relatives à son avenir politique et judiciaire.

A 76 ans, l’ancien détenu de la prison de Scheveningen à la Haye, qui affichait une forme combative dans ses premières sorties médiatiques après son retour d’exil, semble progressivement se résoudre à la retraite. Certes, il n’entend se faire imposer ni les conditions, ni le temps de son départ…cependant, concède-t-il, ‘’après ce parcours, la sagesse, c’est de se préparer à partir. Mais, j’ai décidé que je ne partirai pas brusquement. Donc, je partirai, mais il faut que vous sachiez que je suis avec vous jusqu’à ce que mes yeux se ferment’’.

‘’Mon ambition aujourd’hui, c’est de partir. Pas de partir pour vous abandonner’’, martelait-t-il peu avant. L’heure de la retraite politique semble avoir sonné pour l’opposant intrépide à Félix Houphouët-Boigny. Il en est conscient, et cela transparaît clairement à travers son discours. Mais de loin, l’on s’interroge déjà sur les projets de succession du fondateur du PPA-CI.

Quel est le profil de celui que Laurent Gbagbo entrevoit pour assurer son héritage politique ? Même sans indice émanant directement de l’ancien président, le profil de ce successeur surgit de façon systématique. Laurent Gbagbo a toujours agi en baroudeur. Mobilisateur exceptionnel, harangueur des foules, pugnace dans ses choix politiques, cette icône de la Gauche Ivoirienne qui en est à la formation de son deuxième parti politique après le Front Populaire Ivoirien (FPI) en 1990, ne devrait céder le graal qu’à un personnage plus jeune en qui il reconnaît ces qualités.

Dans son sillage, deux personnalités dont les traits de caractère politique répondent à son profil. Koua Justin et Blé Goudé. Concernant le dernier cité qui revendique l’avantage d’avoir partagé quelques années de détention avec son mentor à la CPI, les rumeurs de dégradation des relations entre lui et son mentor sont de moins en moins crédibles, bien que son parti, le Congrès Panafricain pour la Justice et l’Egalité des Peuples (COJEP) n’ait pas encore franchi le pas pour se fondre au sein du PPA-CI.

Le raccord ne devrait pas être difficile à être établi, d’autant plus que leurs deux formations politiques s’inscrivent dans une idéologie panafricaine.

Raoul Mobio

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